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 Hordes

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Okinawa
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MessageSujet: Hordes   Dim 7 Sep 2008 - 0:14

Qui dit vacances dit temps libre et donc, paf, on lit, on boit des chocolat chaud de machine à café sur les aires d'autoroutes, on se drogue à la Brune, on se fait des cornes flakes au Coca, on fait dans des toilettes turcs...et on écrit aussi, des fois aga

Donc voilà, voici de petits rp, plus des jets qu'autre chose, sur un univers riche en possibilités d'écriture, Hordes.

ps : si vous voyez des mots comme flûte ou d'autres choses comme ça, imaginez que ce sont plutôt des jurons du genre pu****, mais que le forum remplace automatiquement. Je précise ça parce que je veux que mon rp soit le plus réel possible, et je vois mal de telles excès de politesse dans ce genre de situation ^^

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Dernière édition par Okinawa le Dim 14 Sep 2008 - 1:00, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Hordes   Dim 7 Sep 2008 - 0:17



La Horde repartait, on ne voyait plus que quelques trainards à l'horizon. C'était le moment. Il vaut mieux toujours sortir dès le départ de la Horde, ça nous laisse plus de temps.
Je pris mon sac, vérifiai qu'il y a bien ma gourde et le mit sur mon dos. Kun devait avoir un GPS, je n'allais donc pas en prendre un deuxième. J'engouffrai dans ma poche une carte trainant sur une table et me mis en route.

Les portes étaient vraiment immenses. A force de les voir on s'y habitue, mais passer au milieu nous rappelle toujours que nous sommes bien petit comparé à ces monstres de métal...
Cela faisait déjà une heure que je marchais dans le désert glacé, seul. La fatigue m'engourdissait les chevilles. Je m'arrêtai sur un rochet et déplia ma carte.
Mouai...je devais pourtant être tout proche...ou alors je me suis planté en lisant la carte...
- Razvan ! C'est toi ?
Je sortis mon talkie-walkie.
- Ouai, j'avais rien à faire cette nuit, alors j'me suis dit que j'allais peut-être te rejoindre. T'as pris un GPS au moins ?
- Bien sur bien sur, c'est comme ça d'ailleurs que j't'ai vu. Continue vers l'Est...tu devrais bientôt voir un gros rocher, je suis juste à côté.
- Ok j'arrive.
Je continuai ma petite route, faisant le moins de bruit possible, je sentais des ombres autour de moi.

Ma crainte fut bientôt confirmée. Des bruits de succions attirèrent mon regard sur un zombie savourant goulument un de nos ex-concitoyens. Un sac était encore accroché au cadavre casi-squelettique. Je repoussai le gourmand du bout du pied et pris le sac le temps que le machin grognant ne se remette à table.
Des gâteaux secs...mouai, c'est toujours ça, je les engloutie en quelques secondes avant de me remettre en marche.

Voilà, enfin le rocher. Une silhouette était courbée, en train d'évacuer du sable avec ses mains. J'accélérai le pas et la rejoignis.
- Hey ! Ca va Kun ?
- Moui, pas beaucoup de déambulant rencontrés, merci d'être venu.
- C'est normal, Akitze devrait aussi être de la partie. Mais quand tu dis pas beaucoup, c'est qu'il y en a quand même.
- Oui, par exemple la fille derrière toi...
Je me retournai vivement et vis à quelques mètres de moi une femme d'une vingtaine d'années, jeans et débardeur vert. Ca aurait même été mon style...si la moitié de son visage n'était pas recouverte de sang et qu'elle marchait normalement. Elle avançait par saccade et nous fixait bizarrement, d'un regard vide.
- Faudra faire quelque chose, si elle continue d'avancer vers nous.
- Ouai, bah tu t'en occuperas, moi je suis crevé. J'vais piquer un p'tit somme, réveille-moi d'ici quatre heures.
-Heu...ok...
C'est à ce moment là qu'Akitze vint depuis l'Ouest. Il fonçait vers nous, le sac déjà surement plein à sa façon de se balancer.
Mais ce fut la morte qui nous rejoint avant lui.
Mon corps entier tremblait, mais je n'allais pas me dégonfler maintenant. Je me jetai dessus de toutes mes forces.
Le contact de sa chair froide sur mes avant-bras me fit dresser tous les poils du corps. Elle se saisit de mon bras droit et projeta sa mâchoire dessus. J'eus le réflexe de me dégager. Je la repoussai ensuite, mais je perdis l'équilibre et balançai mon pied dans son ventre en tombant.
Ca suffit à envoyer valser ma fraiche conquête la tête la première sur un rocher saillant. Elle était encore moins jolie à voir qu'avant.
Akitze m'aida à me relever.
- J'arrive à point nommé on dirait !
- A point nommé pour cirer mes pompes.
- Oh comme c'est dommage, j'ai loupé la fête.
Il tourna la tête vers Kun.
- Et il arrive à dormir ?
- Bah on dirait...mais il est en sécurité avec des héros comme nous, héhé !
Akitze esquissa un sourire avant de se frotter les mains.
- Bon, c'est par où qu'on creuse ?
- Autour du gros rocher, il doit avoir quelques trucs d'intéressants...
- Ok, alors c'est parti !

Quatre heures plus tard je réveillai Kun et pris sa place dans les bras de Morphée.

Je fus tiré de mon sommeil par des cris et des grognements.
J'ouvrai les yeux juste à temps pour voir un zombie bavant à quelques centimètres de moi.
Akitze l'envoya valser d'un coup de pied et lui jeta un serpent à la tronche. Suivis d'un gros rat. Le zombie s'écroula dans un borborygme immonde. Je me mis rapidement sur mes jambes. Une masse de zombies étaient encore sur nous. Je me saisis d'une chaise renversée près de la route et l'abattit de toutes mes forces sur un premier zombie, la fracassant littéralement, il ne demanda pas son reste et retourna poussière. Je ramassai un pied de la chaise brisée et l'enfonça dans le crâne d'un quinquagénaire titubant. Lui aussi choisit de rejoindre ses confrères au sol. Pendant ce temps là Kun et Akitze s'étaient eux aussi occupé de leur part du gâteau à la chair humaine putréfiée.
Kun ramassa son sac.
- Ah Razvan, enfin, on t'attendait. On y va, allez !
Je mis mon sac en bandoulière et suivis mes deux compagnons d'infortune.
Quelques heures de marche plus tard, les portes étaient enfin en vue. Akitze souffla.
- On est enfin tiré d'affaire.
Kun regarda le soleil couchant.
- Non, on vient juste d'entrer dans la danse...

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Dernière édition par Okinawa le Sam 4 Oct 2008 - 0:59, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Hordes   Dim 7 Sep 2008 - 0:21





- Alors finalement il vient ou pas Ipskey ?
- J'en sais rien, on n'arrive pas à le joindre, il a du éteindre sa radio.
- On peut pas rester ici indéfiniment.
Quelques trainards vagabondaient autour de nous, sans nous prêter trop d'attention.
- On y va !
Kun pris la tête, bientôt suivis de tous.
Une heure de marche plus tard, nos radios se mirent à grésiller de concert.
- Ici Ipskey, ceci est un appel général ! Alors comme ça vous êtes impatients au point de m'oublier ?
Postytounet pris sa radio.
- On allait pas y passer la nuit quand même. On arrivait pas à te joindre. Mais pourquoi tu lances un appel général, t'es blessé ?
- Non non, ça va, mais je suis bloqué, on dirait qu'ils forment une espèce de barrage entre les portes et moi, attendez, quittez pas.
Nous étions tous pendu à nos radios. Des grognements montèrent, suivis bientôt par deux énormes splash, puis des cris, humains cette fois-ci.
- Ca va Inskey ?
- Ouai nan mais c'est bon là, c'est presque terminé.
Un dernier grognement puis une sorte de gargouillis...
- Haha, je savais bien que ces sacs plastiques serviraient un jour. Continuez sans moi, ça sera pour une prochaine fois. Terminé.
Le silence repris le contrôle de nos radios.
Kun remis son sac en place.
- Bon, on continue ?

Deux heures plus tard, le désert se rafraichit encore plus, mais cela n'empêcha pas les gosiers de se dessécher.
Borgnol s'installa sur le sable et sortit sa gourde.
- Et si on faisait une pause aquatique ?
Cela fut acquiescé à l'unanimité.
Posty' se retourna dans tous les sens puis donna un coup de pied rageur dans le sable.
- Rhaa le boulet ! J'ai oublié ma gourde en ville !
Shipow se leva, tenant un bras derrière son dos.
- Et alors, c'est pas grave...
- C'est pas grave ?! On voit que c'est pas toi qui crève de soif !
- Non mais je dis ça parce que j'en ai trouvé une y'a même pas dix minutes.
Il sortit son bras de derrière son dos, découvrant une gourde assez usée par le vent et le sable, mais conservant sans doute de quoi satisfaire toute soif.
- Ah merci ! Mille fois merci !
Shipow se retourna vers moi.
- On va où déjà ?

"Duke, héro pour toujours"
La plaque à moitié calcinée trônait toujours sur la barrière défoncée de la villa.
- Grand héro, tellement grand que j'en ai jamais entendu parler...
- Bon, on fouille la Villa, je prends le premier étage.
- Alors comme ça on se sépare ? Comme dans les films d'horreur ? C'est pas très malin tout ça...
- Tu la fouilles comme tu veux, je dis seulement que je vais voir au premier étage.
- Ok ok...
- On se retrouve à l'entrée dans 20 minutes.

Je montai au troisième étage, le dernier en fait. Apparemment c'était les chambres des bonnes. Je repérai un bon lit, le seul encore bien conservé avec oreiller et couverture, le bonheur absolu en somme.
- Ah flûte de...mais tape merde ! Tape-le !
Ca semblait venir du rez-de-chaussé.
- Le serpent ! Et le chat aussi ! Pis éloignez-moi cette saloperie !
Un cri strident fit trembler les verres de toute la baraque.
- Mais que quelqu'un fasse taire cette connasse !
Je descendis quatre-à-quatre les marches d'escalier.
- Prend ça vieille raclure !
Un bruit de vitre cassée résonna dans la Villa.

J'arrivai enfin en bas. Il y avait du verre partout. Cinq cadavres au moins. Un complètement ensanglanté, au travers de la vitre, un troisième sans tête, un autre à l'envers sur le canapé et le dernier planté avec un tisonnier contre un mur à côté de la cheminée. Borgnol en tenait encore un le col. Il le jeta sur une table basse.
Il me fit un signe de tête, indiquant que les autres étaient dehors.

La lumière m'aveugla. Quand mes yeux s'habituèrent à la luminosité, je vis un véritable carnage. Une dizaine de corps, au moins, entassés.
- Alors comme ça vous m'avez même pas attendu ?
- Qu'est-ce tu fous là ? On croyait que t'étais becqueté.
- Vous auriez bien aimé. Non je préparais ma nuit.
- Ouai, ben viens plutôt nous aider à préparer les défenses de la ville, en fouillant, voir si on peut dégoter du béton ou du ciment.

Une heure plus tard, je commençais vraiment à fatiguer.
- Bon, je vous laisse, je prend les devants et vais me coucher. J'ai repéré un lit bien douillé.
Postytounet vint avec moi. Arrivé dans la chambre, il se jeta sur l'oreiller et s'installa dans un autre lit.
- Je prends l'oreiller plein de sang et avec des plumes qui s'en vont.
- Et moi les couvertures épaisses.
Le sommeil m'attrapa avant que je pu m'égarer dans des pensées divers.

Et le soleil me réveilla. Un doux rayon lumineux berçait ma peau. J'émergeais assez rapidement. Posty' n'était plus dans son lit. Je remis mon sac en vitesse sur mon dos et m'arrêta net quand un bruit sourd résonna dans une armoire normande. Je m'approchai de l'armoire.
- Posty' faut renouveler tes blagues, celle-là est vraiment foireuse, le coup du "j'attends qu'il soit parti pour le surprendre dans son dos"...
J'ouvrai l'armoire tout en continuant de parler.
Une dame de chambre encore en costume de service noir et blanc, bords en dentelles, me sauta dessus. Sous son poids je ne pu que tomber sur le dos. Ma tête cogna le sol mais j'eus le réflexe de garder sa tête loin de mon cou. Je roulai sur le côté gauche et me dégageai de son emprise. Je la rouai de coup de pied et fini par partir en courant.

Arrivé à l'entrée, je vis Postytounet, sirotant un fond de "Debout-Les-Morts". Entendant mes pas il se retourna, jeta la bouteille dans le sable.
- Enfin, les autres sont partis, ils ont trouvés une armurerie. On va les rejoindre, passer le reste de la journée là-bas et ensuite on rentrera tous ensemble.

En route on croisa Borgnol, assis sur un zombie. Il se joignit à nous.
- J'me suis dit que j'allais vous attendre, on a le temps. Et j'ai trouvé un chouette pote qui a bien voulu servir de fauteuil, alors bon, j'allais pas faire le difficile.

Une demi-heure plus tard, nous trouvâmes l'armurerie et les autres. Et les fouilles recommencèrent jusque tard le soir. De nombreux impactes décoraient les murs du bâtiment, une résistance avait eu l'air de s'être tenue ici.

Le vent avait changé subitement. Cette odeur ! On aurait dit l'haleine d'une très vieille personne qui vous parle et qui va s'endormir pour toujours, et puis ce gout de fer, comme si je m'étais mordu la joue ou la langue. Je regardais le trou que je creusais et je me vis subitement en train de creuser ma tombe, un haut-le-cœur chassa cette vision mais renforça le gout d'une touche acide. Je n'étais pas le seul à ressentir ça, tout le monde s'était arrêté. La luminosité était vraiment faible. Tout d'un coup mon cœur s'emballa, mes jambes vacillèrent avant de se décider à me dresser.
- Il est quelle heure ?
Kun regarda sa montre.
- Et merde ! Il est onze heures et d'mie !
- Fait chier fait chier fait chier !
Le taux d'adrénaline du petit groupe de cinq baroudeurs venait de triplé en quelques secondes.
Shipow montra du doigt ce que j'avais pris au départ pour des buissons bougeant sous le vent. C'était en fait de véritables buissons humains ! C'était La Horde, celle qui se dirigeait vers "Communauté Obscure", notre ville.
- La Horde !
- flûte de nom de dieu...
Je fus le premier à sauter sur mes affaires, tout foutre dans mon sac et me tenir prêt à décamper. Tous m'imitèrent et la course débuta. Je fus bientôt à la traine.

Dix minutes plus tard, on remarqua l'absence de Shipow. Borgnol pris sa radio.
- Shipow, t'es où bon sang !
- Vous en faites pas pour moi, j'ai trouvé quelque chose pour les retenir un peu.
- Mais merde c'est la Horde là c'est pas les trois-quatre pignioufs inactifs qu'on rencontre de jours, ils sont excités ceux-là !
- Ne vous en faites pas, je sais ce que je fais, on se retrouve à la porte. Terminée. La communication fut interrompue.
Aussitôt, nous reprîmes notre course.

Mes poumons me brûlaient, ma bouche était sèche. J'avais de plus en plus de mal à respirer. Mes chevilles me lançaient, mais je ne lâchais pas un pouce de terrain d'avance à mes compagnons. Les portes, enfin en vues ! Deux formes creusaient le sol, tantôt cognant le sable dur avec une pelle, tantôt s'agenouillant pour récupérer quelques ressources utilisable en ville. En s'approchant, nous reconnûmes Ipskey et...et Shipow ?!
Nous reprîmes notre souffle avant d'entrer en ville à ses côtés.
- Mais comment t'as fais ?
- Secret perso, j'peux rien dire.
Il affichait un petit sourire en coin.
- Bon, dès que tout le monde est rentré, je ferme les portes.
Chucky, du haut d'une petite tour, tenait l'observatoire. Il balaya le désert d'un coup de jumelles avant de se tourner vers nous.
- C'est bizarre, Ipskey à disparu...Ils ont tous disparus...
Effectivement, hormis cette odeur infecte et le grognement de la Horde approchant, le désert était totalement vide.
Un cri m'affirma pourtant le contraire.
- Les portes !
Je me jetai immédiatement sur le mécanisme et donna un bon coup de pied sur un levier. Les portes se mirent en branle et se fermèrent, écrasant une main écorchée un peu trop tendu vers nous.
- Pfiou...on a eu chaud...
- Par contre Ipskey sera définitivement froid...
Un rire nerveux s'empara de nous.
Quelle scène grotesque. Une dizaine de personne, rigolant comme des fous, en plein milieu d'un désert glacial, à la porte blindée d'une ville fortifiée, dernier rempart face aux Hordes sans fin de zombies...

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Dernière édition par Okinawa le Sam 4 Oct 2008 - 0:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Hordes   Dim 14 Sep 2008 - 0:58





Alors c'était ça, "Engeances Glauques" ? Je m'attendais à...je ne savais pas à quoi je m'attendais, mais surement pas à ça. Après un rapide passage à "Croisée Animale" et "Communauté Obscure", je croyais que toutes les villes allaient se ressembler. Mais il n'en était rien. "Engeances Glauques" était vaste, beaucoup plus que ce que j'avais pu voir. L'espace entre ce qu'on pourrait appeler les maisons de chaque citoyen était important, on aurait pu y passer en semi-remorque. Par contre, le mur d'enceinte n'était pas très épais et la porte possédait des pistons. Je repensais aux paroles que j'avais maintes fois entendu, à propos de la connerie de ce genre d'amélioration qui ne servait qu'à faire jolie et à utiliser des ressources qui pourraient êtres mieux placées.
Je chassais ces pensées et pénétrai dans la maison qui m'avait été assignée. Enfin, plus une sorte de mini-cabane vide, érigée à la va-vite pour économiser les matériaux.
Je déposai mon sac sur une petite table en bois et en sortis une petite toile de tente. La première chose à faire est toujours de se fabriquer une petite tente autour de son matelas. En effet, les zombies peuvent vous sentir, une tente réduit donc votre "odeur". C'est peut-être tout bête, mais fallait y penser, et quand la survie est en jeu, on préfère toujours que ce soit le voisin qui soit la proie.
Une fois ma petite construction achevée, je me dirigeais vers ce qu'on appelle la Banque, une grande salle où l'on entrepose tout ce qui pourrait servir aux défenses ou aux explorateurs confirmés. Cela fait aussi office de salle des annonces.

Lors de l'arrivée, la seconde chose à faire après avoir construit sa tente, c'est d'aller chercher une radio à cette fameuse Banque. Je pris un Talkie-walkie dans une caisse et pré programmai la fréquence générale, pour les annonces et les demandes d'aide. Je réglai aussi ma fréquence personnelle, la notai sur un papier que je fixai à un tableau en bois à l'aide d'une punaise, au milieu de dizaine d'autres papiers semblables. J'accrochai la radio à ma ceinture et partis prendre ma ration d'eau au puits. C'est la troisième chose à faire avant de pouvoir glandouiller dans son petit chez soi et de savourer les derniers instants de tranquillité avant la nuit.
Un litre et-demie, c'est largement suffisant pour une journée, et de toutes façons, on a pas le choix. Je mis ma gourde en bandoulière et me mis distraitement en route pour me reposer.

- Si quelqu'un passe par les coordonnées 13;11 je suis bloqué dans une vieille caisse ! Y'a que quatre zombies à ce que je peux voir, mais ils m'en font voir de toutes les couleurs, aidez-moi, cette vieille carcasse ne va pas tenir longtemps !
La voix était chevrotante et les grognements en arrière plan ne faisaient que rajouter une touche de terreur omniprésente ici.
Je décrochai mon Talkie-walkie pour répondre, mais il n'y eu rien d'autre que des grésillements. Je regardais l'heure, midi et m'enfournai chez moi. Je pris mon sac et y déposa un jambon-beurre et une tenue de camouflage avant de repartir aussi sec.
Quand je repassai au milieu des portes, je me redis que c'était un immense gâchis. Mais bientôt, j'eus d'autres préoccupations.

Je sortis la tenue de camouflage de mon sac. Une véritable merveille, trouvée dans une maison de "Communauté Obscure", lors de la dernière nuit. Elle trônait, bien pliée, à côté d'un corps encore palpitant de vie, se faisant dévorer par quelques fins gourmets.
C'est une chance inespérée que d'avoir cette tenue. Elle est réversible, un côté "sable jour" et l'autre "sable nuit". En relief, bien sûr, avec l'effet granuleux du sable. À plat ventre, on est totalement invisible, qui plus est si ce sont des zombies qui nous cherchent. Il en émane une odeur caoutchouteuse qui recouvre celle de nos chairs, pour éviter de se faire repérer à l'odorat.
Je l'enfilai du côté "jour" et me mis en route pour 13;11.

Deux heures et-demie plus tard, je regardai les coordonnées sur le petit écran de mon Talkie-walkie. 13;11. J'y étais, et je ne voyais rien, hormis une vieille carcasse de voiture ensablée, surement celle dans laquelle il avait passé l'appel il y a une heure de cela, mais elle était maintenant bien vide.
Je m'approchais tout de même.

https://i.servimg.com/u/f35/11/55/96/05/car_co10.jpg

Les portières avaient été arrachées et projetées à deux ou trois mètres de là. Nul doute, j'étais bien sur les lieux de la résistance farouche de Ramses. Il y avait de nombreuses éclaboussures de sang à l'intérieur de la voiture, que j'espérais d'origine cadavérique. Mais aucune trace de Ramses. Je cognais de rage sur la carlingue. Un bruit sourd me répondit. Je tournai la tête dans l'espoir d'apercevoir enfin un visage humain.
Pour voir un visage, j'en vis un, mais plus trop humain. À l'origine un trentenaire moyen, maintenant un tas de chair purulent. Il était surement allongé de l'autre côté de la voiture et s'était cogné en se relevant brusquement en me voyant. J'eu à peine le temps de lâcher un juron.

Il se projeta sur moi, m'entrainant dans sa chute. Je tombai durement dans le sable sur le dos, mon souffle fut temporairement coupé. Il profita de ma faiblesse passagère pour raffermir sa prise. Ses ongles s'enfoncèrent dans mes trapèzes et de la bave dégoulina sur mon visage. Il éructait et des gouttes de sang tombaient dans mes yeux, rendant la scène encore plus confuse. Je sentais que c'était la fin, qu'il gagnerait cette fois-ci. Je ne regrettai pas d'être venu aider Ramses, juste d'être arrivé trop tard. Sans doute était-ce ce zombie qui l'avait tué aussi, il était fort. Je sentis son souffle sur mon cou juste avant d'entendre un craquement sec. Il décolla et atterrit cinquante centimètres à côté.
Un joli coup de pieds dans les cottes, je dois le reconnaitre.
Je me remis sur pieds en prenant la main tendue de Ramses.
Je m'approchai du titubant essayant de se remettre debout et écrasai sa carotide de mon talon. Lorsqu'il ne bougea plus, j'enlevai la capuche de ma tenue de camouflage et sortis le jambon-beurre de mon sac.
- T'en veux ?
Il acquiesça et en prit la moitié. Sur ce, je partageai aussi ma gourde.
- Merci, vraiment, j'étais totalement déshydraté et franchement, rentrer seul me fichait la trouille, je me souviens plus très bien des chemins sûrs à emprunter.
- Y'a pas d'quoi, je savais pas quoi faire de toutes façons cette aprèm'.
- Mais le reste de l'équipe est où ?
- L'équipe ? Mais quelle équipe ?
- Bah de sauvetage ?
- Nan mais tu rigoles ? C'est moi les renforts !
Il fit une moue ironique.
- Ah ok...
J'émis un petit gloussement.
- Mais je vais quand même servir à quelque chose. En venant discrètement, j'ai repéré différentes meutes de zombies plutôt agressifs. J'ai noté des chemins pour les éviter.
Il me lança un regard interrogateur.
- Ah oui ? Et je peux voir ces notes, je suis curieux.
- J'crois pas non, elles sont là-dedans.
Je pointai un doigt sur ma tempe.
- D'a...ccord, on y va alors, j'aimerais pas m'éterniser ici.
Alors que nous étions sur le point de partir, je m'arrêtai net.
- Mais attend, tu parlais dans ton message d'appel à l'aide de quatre zombies au moins.
- Oh oui bien sur, je les ai déposés dans un fossé. Tu crois que je revenais d'où à l'instant ? Tu veux les voir ?
- Non non, ça va aller comme ça, j'ai eu mon compte de chair en décomposition pour aujourd'hui...alors on y va ?

Le retour fut plus rapide que l'allée, surement que je connaissais déjà les bons coins.
La nuit commençait à tomber et déjà des cris et des grognements résonnaient dans le désert glacé. Des visions de la fin de "Communauté Obscure" m'assaillirent.

Je me revis échappant à l'emprise de mains passées à travers une fenêtre pourtant barricadée de l'intérieur. Je me revis pénétrer dans plusieurs maisons, à la recherche de survivants avec qui partir. Mais soit les maisons étaient vides, soit remplis...mais pas de survivants. Je partis finalement, avec une tenue de camouflage trouvée par hasard, mon vieux sac en bandoulière, ma fidèle gourde et mon désir de survivre. J'espérais seulement que les autres avaient pu aussi s'en sortir et atteindre une autre ville, comme moi.

- Bon, t'attend une invitation sur papier glacé ou tu passes ces fichus portes ?
Ramses me distançait de quelques mètres et semblait inquiet par l'odeur nauséabonde qui approchait, enfin, y'a vraiment de quoi.
Je passai finalement les portes et me rendit compte que des renforts cloués à même les portes venaient juste d'être apposés.
Mais quand s'arrêtera donc le gâchis dans cette ville !
D'accord, quelques clous, quelques morceaux de ferrailles, c'est pas grand-chose mais c'est ça en moins pour des choses plus fonctionnels et durables. Je me dis que je radotais et passai mon chemin sans plus m'attarder.
- Passe me voir un de ces quatre, je te suis redevable.
- J'y manquerais pas !
Il prit la direction de sa demeure, et moi de la mienne.

J'ouvris la porte, la verrouillai derrière moi et me jetai sur mon matelas. Je posai la tête sur un oreiller plutôt confortable, et espérai que cette nuit allait être calme.


___________________________________________________________



21h14.
Il était tard et l'anxiété commençait à se matérialiser sous sa forme primaire, il était trop tard.
Je tournais en rond comme un lion en cage. Je n'avais jamais passé trois nuits dans la même ville. Le troisième soir était maudit à mes yeux. À chaque fois j'ai dû m'enfuir dans la cohue, abandonner la ville, mes affaires, abandonner les autres, chacun sa peau.
Et ce soir je redoute la même chose. Une boule à l'estomac, la gorge nouée et une véritable envie de vomir. Simplement. De me vider, tout lâcher. Peut-être que j'irais mieux par la suite.
Je sortis sur le palier, j'avais juste besoin d'air frais.
Kaeros passa devant moi, se dirigeant vers les portes. Il me décocha un regard noir. Celui du style "Lève ton cul et viens faire quelque chose de tes bras". Je lâchai un soupir et rentrai, laissant la porte ouverte.
J'enfournai un sachet remplit de nourriture dans mon sac et mis ce dernier en bandoulière. Je pris aussi ma gourde, avant de sortir, refermant la porte derrière moi.

Les portes améliorées ne me faisaient plus sourciller maintenant, l'habitude s'ancre rapidement. Kaeros me vit et se fendit d'un large sourire.
- Alors, on s'ennuie dans son petit chez-soi ?
- Mouai, j'ai trop chaud surtout.
Il lorgna mon équipement.
- Tu comptes tout de même pas sortir maintenant ? T'auras même pas le temps de faire une pause café qu'il faudra déjà rentrer...
- Non non, je me prépare juste...en fait je peux rester pour les fermer.
Je désignai de la main les portes.
- Ok, tu fais comme tu veux, de toutes façons, y'a juste Mickeyalm qui traine encore dans le désert. Mais si à 23h45 y'est toujours pas là...ne regrette pas, ou on y passe tous...
- Je sais...
Il ramassa sa gourde, en bu une lampée avant d'ajouter.
- Nom de dieu...c'est incroyable...hhh...bon courage, moi j'retourne à la Banque, j'suis glacé jusqu'à la moelle...
Il m'adressa un petit signe que je lui rendis. Je le regardais s'éloigner, et espérais que ça n'allait pas être la dernière fois.

22h01
Le calme, le silence...reposant.
Je m'étendais de tout mon long sur le petit banc fabriqué à l'aide de diverses planches pourries et rembourré avec différentes couvertures poisseuses. Toujours aucunes traces de Mickeyalm, si il n'était pas à l'heure, tant pis. Mais bon, il devait avoir programmé sa sortie à la minute près, pas d'affolement à avoir.
Un bruit, une sorte de raclement, quelque chose de métallique contre quelque chose d'organique. Je sursautai et me mis sur mes pieds en moins de temps qu'il ne faut pour le dire.
Je vérifiai l'heure sur mon Talkie-walkie. Soit il était en retard, soir la Horde avait changé ses habitudes. Je ramassai une pierre et sortis de la ville.
Rien...le silence plat...
Une bise fraiche balayait la lourde atmosphère, des tourbillons de sable se formaient à l'horizon. Un frisson prit naissance dans ma nuque pour se terminer dans le creux de mes hanches.
Encore ce bruit ! Cette fois-ci je me tournai dans toutes les directions, toujours rien.
Je voulu tourner les talons lorsque mon pied gauche refusa de bouger. Je jetai un œil à ma jambe et lâcha ma pierre en même temps qu'un juron en voyant Deimos, ancien citoyen maintenant gangrené, bavant, rampant, accroché à ma jambe. Je voulu reculer mais tombai à la renverse, sur la pierre que j'avais lâché. Un râle m'échappa tandis que Deimos s'accrochait à mes vêtements pour remonter jusqu'à une partie de mon corps à nue. Je repoussai son visage d'une main tout en cherchant la pierre saillante de l'autre main. Je la trouvai et l'abattit à trois reprise sur le visage de Deimos. Quelques dents volèrent en éclats en même temps que son nez. À la quatrième fois, il m'attrapa le poignet et me fit lâcher mon arme. Il grogna et gagna quelques centimètres encore vers mon cou.
Une phrase me revint subitement en tête. Une phrase célèbre du vieux Chuck : "Si on m'avait dit que la pisse d'un chat liquéfiait un zombie..."
L'eau, bien sûr !
C'est étrange la manière avec laquelle les choses vous viennent à l'esprit quand vous êtes dans des moments aussi critiques.
Je m'emparai de ma gourde d'une main et dévissa le bouchon avec mon pouce et mon index avant d'éclabousser la face de feu-Deimos.
Instantanément, il me relâcha et se roula sur lui-même. J'en profitai pour me relever et le finir à coup de pied tandis que son visage fondait littéralement. Je pensai à voix haute.
- P'tain s'pas vrrrai ! Même dans la mort y'm fais chier celui-là !
Je m'éloignai pour revenir rapidement à mon poste.

Je m'affalai de tout mon petit poids sur le banc, le faisant craquer par la même occasion et me pris la tête entre les mains. Des choses comme ça faisaient maintenant partis du quotidien. Une personne que je connaissais était devenue une machine à grignoter de l'humain. Et alors ? Il n'y avait rien d'incroyable dans ce monde, c'était normal pour ainsi dire...
Cette dernière avait disparu dans le désert avant de revenir aux portes de la ville. Puis s'était jetée sur moi. Je m'en étais sortis de justesse. Et alors ?
Chaque jour quelque chose comme ça se produit, chaque jour on sauve notre peau. Chaque jour est un combat dans lequel on doit se jeter corps et âme, sous peine de perdre cette dernière...
Quelques minutes plus tard, je regardai l'heure.
Encore 1h avant que je ne ferme la porte...

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MessageSujet: Re: Hordes   Dim 14 Sep 2008 - 2:27

je trouve ca vraiment super mais je me dis en meme temps Calliss que ca doit te prendre du temps a moins que tu forces des petits chinois a faire le travail Razz

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MessageSujet: Re: Hordes   Dim 14 Sep 2008 - 17:56

Heu...ouai ouai, on lui dira Suspect

EDIT : J'crois avoir compris Razz

Oui, ça me prend un petit peu de temps, mais ça m'occupe et j'adore écrire...pour les p'tits chinois...c'est 20E le lot de 5...parano

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MessageSujet: Re: Hordes   Sam 4 Oct 2008 - 0:56




- Aidez-moi...près de carotte...j-je suis bloquée par un énorme groupe, on d-d-d-dirait qu'ils forment une sorte de rideau et si...froid...si vous n-n-ne pouvez pas...coordonnées 5;4...je v...tulipe !
Puis plus rien, hormis le grésillement habituel.
J'allais répondre lorsque.
- Ok, j'arrive, bouge pas. Enfin, s'ils viennent vers toi reste pas plantée non plus ! J'arrive !
Je desserrai les doigts de mon Talkie-walkie, quelqu'un d'autre était déjà sur le coup.
Je secouai désespérément la tête. La Terreur. C'est une chose horrible.
Devenue une maladie chronique, elle se repend comme le feu sur une trainée de poudre.
Oh, bien sûr, elle n'est pas mortelle, non, loin de là. Après tout, elle ne fait que rendre vos paroles incompréhensibles et vous tétanise au moindre son rappelant cette cauchemardesque nuit où ceux à l'extérieur de la ville ont cessés de crier pour tambouriner aux portes.
Un litre de "Debout-Les-Morts", une soirée à la Banque et une nuit en bonne compagnie, voilà de quoi un terrorisé a besoin, au diable ces médicaments et ces piqures !
Parler de boisson me donna subitement soif. J'avalai une lampée d'eau de ma gourde et m'essuyai le front, jetant le cinquième corps dans le tas de cadavres amoncelé près des portes.
13 passa devant moi, le sac et la gourde harnachés au corps. 13, c'est tout ce qu'elle a bien voulue nous dire sur son identité. C'est normal, tout le monde à un surnom, dans ce monde, voyager sous son vrai nom est risqué. Ca je le sais bien, je le fait aussi...vous ne pensiez tout de même pas que mon vraie nom était Razvan ?
Elle m'adressa un signe de la tête.
- Jolie tas, tu fais collection ?
- Parfaitement, et je me suis dis qu'ils seraient bien plus heureux dans le désert qu'en ville, plus d'espace pour gambader...Et toi, tu prends l'air ? Envie de revoir des anciens amis perdus de vue ?
- Presque, l'annonce passée y'a deux minutes, j'y vais. Tu veux pas venir ?
- Ah, désolé, mais j'ai du pain sur la planche, encore deux nazbrook qui n'ont pas pointés ce matin...faut que je les trouve avant ce soir.
- Ok, bon, j'dois vraiment y aller là, je sais vraiment pas ce qu'il se passe là-bas...
Elle partit comme une flèche. Je la regardai s'éloigner pensivement en suivant son déhanchement...réflexe masculin par excellence, impossible à éviter.
Je me ressaisi et regardai le tas de peau blêmes au sol.
- Bon, vous bougez pas mes chéris, je reviens.

Elmuth et Lotharys. C'étaient les noms qui revenaient, ou qui, pour ainsi dire, ne revenaient justement pas dans le registre des pages rouges de "Frontière des Noellistes".
Je pensais parallèlement que si un jour je tombais sur le mec qui donne de tel noms aux villes, je lui ferais bouffer son bulletin de naissance de la façon la plus brutale...
Je reposai l'annuaire de pointage sur le socle et sortis de la banque, saluant le bougre de faction au poste du registre. Je ne connaissais même pas son nom...mais peu importait en fin de compte, il était comme moi. C'était sans doute sa vingtième, voir trentième ville, il fuyait, de refuge en refuge, de ville en ville, survivait avec ce qu'il trouvait et s'occupait comme il pouvait, en l'occurrence là, en surveillant la banque. Soit dit en passant, c'est un très bon choix, il est sur de voir des gens toute la journée...et en vie, contrairement à ceux que je côtoyais dans mon occupation de fossoyeur des temps troublés.

Aucune puanteur, c'est déjà ça. Je frottai la poussière amassée sur une fenêtre de la tranche de la main et mis cette dernière en visière pour contrer la réflexion du soleil sur la vitre, afin de voir l'intérieur de la maison de fortune.

Rien de rien, vide de chez vide. Je retournai à la porte et essayai de l'ouvrir, en forçant un peu sur le loquet bricolé, il sauta comme un bouchon de champagne et la porte s'ouvrit comme sur une fournaise. Le soleil tapait sur toutes les maisons, et si on n'ouvrait pas pendant la journée, c'était un véritable enfer. Des petits beurres trainaient dans un doggy-bag sur une table basse. En ces temps bien étranges et pauvres en nourritures, il vaut mieux toujours manger, puis agir, on ne sait pas par qui on risque d'être mangé ensuite. Je les avalai donc rapidement avant de crier haut et fort.
- Elmuth ! Elmuuth !
...
- Yo mon gars, m'oblige pas à venir dans ta piaule !
...
- Ecoute, je me fou que t'ais pas pointé hier soir ni ce matin, j'veux juste que tu m'rassures !
Toujours rien...
- Hého ! J'ai bouffé tes p'tits beurres !
Le silence pesant suite à cette remarque solidifia l'idée que je me faisais de son état.
Je pris la poignée de la porte de la chambre et la tournai...quelque chose bloquait. Je donnai deux coups d'épaules biens secs, impossible à ouvrir. Je reculai et lança mon pied dans la porte. Celle-ci s'ouvrit à la volée, envoyant par la même occasion valser quelque chose à l'autre bout de la pièce...une chaise, un tabouret, une connerie dans ce genre.
Je repérai immédiatement notre ami manquant à l'appel. Il était paisiblement allongé sur le dos dans son lit, regardant fixement une photo encadrée qu'il tenait sur sa poitrine. Je pris son poult...soit je ne savais pas m'y prendre, soit il n'y avait rien. La deuxième solution me paru la bonne. J'enlevai le cadre de ses mains et le regardai.
Une fille, une belle fille, d'environ 15 ans je dirais. Elle posait sur l'herbe, à côté d'une rivière, un bob enfoncé jusqu'aux oreilles et des lunettes de soleil cachant ses yeux que j'imaginais d'un vert émeraude. Son visage était strié par des marques acnéiques caractéristiques de l'adolescence, mais on oubliait vite ceci en voyant son sourire angélique.
Une larme me monta aux yeux quand je secouai une gourde posée à côté du lit, elle était pleine. Une autre larme roula sur ma joue quand je pensai au dégout que cet homme avait pu avoir pour se laisser mourir de déshydratation, alors que la solution était à ses pieds.
Car c'était bien par manque d'eau qu'il était mort, les signes ne trompent pas et je n'en ai que malheureusement trop vus.
Je rangeai la photo de la fille dans la poche de la chemise du père, pris ce dernier par les hanches et le fis basculer sur mes épaules comme un sac de patates pour le ramener avec les autres.

Cette fois-ci, ça sentait un mélange de poisson resté trop longtemps au soleil et de vomi. Aucune chance que je me sois trompé de maison. J'enfonçai directement la porte...et collai mon avant bras sous mon nez.
- Hmmm ! C'est dégueulasse...
Tout était renversé, table, toile de tente, les portes sorties de leurs gonds gisaient sur le sol. De la pisse inondait un matelas posé contre un mur ensanglanté et une flaque de vomi faisait nager une paire de lunettes. Mais le pire, c'était l'odeur.
Flic, floc
Je regardai mes chaussures...et me dit que j'allais avoir du boulot pour faire partir cette joyeuse senteur...
Flic, floc, flic, floc...
Je fis le tour de la maison-sac-à-merde avant de me retrouver devant la seule porte fermée, la salle de bains/toilettes. Je l'ouvris du bout des doigts. Un épais nuage écœurant me saisis et je dû me concentrer pour retenir un haut-le-cœur.
Flic, floc, flic, floc, flic, floc...
Sieur Lotharys baignait dans ses propres fluides au pied des toilettes. Une marque de morsure sur son avant-bras dessinait nettement des contours blancs marbre sur le reste de la chair cramoisi.
Une Infection. La chose la plus horrible qu'il puisse vous arriver. Elle se contracte soit à la suite d'une morsure de zombie, soit par l'ingestion de chairs zombifiées. Par contre, pas par voie sexuelle, vous pouvez donc vous éclatez avec un ou une zo...enfin, je vous le recommande pas trop non plus en fait...
Je le saisi par les bras et le trainai hors de la maison. Je dû le prendre finalement par les jambes, un de ses bras s'étant arraché.

- Et voi...hun...là !
Le dernier membre vint surplomber le tas tel la cerise moisie sur un gâteau nauséabond prêt à se joindre à la Horde une fois les douze coups de minuit sonnés.
Je me frottai les mains pour en faire partir la poussière et les quelques morceaux de chairs pourris s'accrochant à mon épiderme.
Un matelas trainait sur le sable, à l'extérieur du mur, à côté des portes. Je m'y assis et regardai l'horizon. Lebegue n'allait pas tarder à revenir, rapportant avec lui, je l'espère, les survivants partis explorer le désert pendant que je nettoyais la ville de l'attaque de la nuit précédente.
Il n'y avait pas de vent. Pas de vent pour chasser cette étouffante chaleur. Même le vent nous abandonnait à notre sort...

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MessageSujet: Re: Hordes   Dim 5 Oct 2008 - 19:20



Enfin ! À l'horizon, une forteresse apparaissait. Ce sera donc ma prochaine bouée de sauvetage. Je finis les quelques gouttes stagnantes dans ma gourde et ralentis le rythme, rassuré par la possibilité d'une présence humaine en ces murs. Je remarquai en approchant des ruines ensablées juste à quelques centaines de mètres des portes. Intrigué, je m'en approchai.
Des colonnes, des murs en marbre, une moitié de piscine asséchée, c'était sans aucun doute une de ces vieilles villas. Je voulu y pénétrer plus profondément, mais du sable bloquait tout, j'y retournerais plus tard...
Blam !
Je sautai sur place, le bruit était proche.
Blam ! Blam !
- Retourne dans l'sable et crève !
Je courrais maintenant à travers les ruines de la villa ensablé.
- Merde merde merde ! Enlevez-moi ça, Haaa !
Je débouchai sur une pièce presque entièrement déblayée, et juste à temps on aurait dit.
Un groupe de 4 survivants luttaient contre le double de zombie. Ils ne me remarquèrent pas tout de suite, logique. Un blondinet gringalet était aux prises au sol avec un zombie, plutôt mal barré on aurait dit
- Mais qu'est-ce que tu fous à rester planté là comme un con ! Bouge !
Un costaud aux habits déchirés me regardait avec insistance, d'un regard noir de bûcheron fort en gueule. Il se jeta ensuite sur un gourmand quinquagénaire attaché à la jambe d'un brave type luttant déjà avec un autre cadavre animé. Un bruit derrière moi déclencha une puissante poussé d'adrénaline. Je pensais déjà que l'adrénaline avait atteint sa concentration maximum, et bien on aurait dit que je m'étais trompé.
Une titubante mais néanmoins très engageante adolescente au look gothique-baba-cool me sauta littéralement dans les bras. Elle essaya de mordre mon épaule mais rencontra une résistance en l'objet de la sangle de mon sac en bandoulière. Je la saisis par les cheveux et l'éloigna doucement mais avec force, avant de la plaquer violemment sur le sol et de l'immobiliser avec une clef que m'avait appris Feltfield, un ancien ami, ex-militaire.
- Derrière-toi gamin !
Je me retournai et vis avec dégout un motard à moitié dévoré me vomir du sang au visage.
Je lâchai ma prise et m'essuyai le visage. Il essaya de m'attaquer, mais le costaud fort en gueule l'agrippa par le col et le pantalon pour lui écraser la tête contre un mur. Je revins à ma conquête pubère...trop tard, elle avait disparue et je ne reconnus pas son cadavre par mis les tas de chair inanimés au sol.
Tout était calme à présent, hormis le râle répétitif du blondinet qui était quelques instants plus tôt, aux prises avec un zombie au sol. Il tenait à présent sa gorge, mais du sang filtrait à travers ses doigts.
Le costaud s'approcha de moi.
- Hey mec, je sais pas qui tu es, mais merci d'être passé par là.
- La ville derrière, c'est la vôtre ? Je viens juste de m'échapper de "Frontières des Noellistes", c'était un véritable enfer cette nuit...
- Frontière des...sympa comme nom...
- Et là alors, c'est quoi le p'tit nom d'ce bled ?


"Tertres Moisis de l'Indicible", pour une fois le nom collait à la ville. Les tertres moisis étant nos maisons de fortune, et indicible qualifiait à merveille l'ambiance qui régnait en maître à la banque, centre névralgique de toute ville digne de ce nom.
J'avais volontiers cédé mon poste habituel de fossoyeur à une des rares personnes voulant faire ce genre de...d'occupation. Un peu de repos me ferait le plus grand bien...

- Haaaaaa !
Un cri effroyable !
- Aidez-moi ! Haaaa ! Haaa ! Aidez-moihaaaaa !
Le cri s'éteint peu à peu. Je cru reconnaitre Kordeanos.
Il faisait noir. Je m'étais donc assoupi jusqu'à minuit ! Je m'en voulais !
J'ouvris la fermeture éclair de ma tente et en sorti. Des grognements, des cris, des phrases gueulées aussi encourageantes que "Mon bras ! Où est mon bras ?!" ou encore "Venez m'aider ! Venez m'aider je vous en supplie !", le tout noyé dans un flot de grognements.
Je n'allumai pas la lumière, surtout, c'était la chose à faire si on voulait espérer passer inaperçue, au diable le fait qu'on doive tâtonner pour...et puis de toutes façons, on n'avait pas l'électricité...au mieux quelques bougies...
Mon esprit encore embrouillé par le sommeil se mit à réfléchir à toute allure.
S'il y avait des cris, ça voulait dire que le mur d'enceinte avait cédé à un endroit. Déjà ?!
Je pris mon sac et y enfourna ma gourde, un doggy-bag et une petite boite en bois, le genre de celle qui vous attend à chaque ville dans votre nouveau chez-vous, une sorte de pochette surprise, comme les histoires carambars mais en plus utile, blague de mauvais goût dans un monde sans perspective d'avenir...
Mon esprit avait du mal à se concentrer sur des choses concrètes et partait en divaguant...

Blam !

Un bruit sourd et mat effaça toutes mes pensées parasites.
Des raclements, des jurons...des grognements, puis un cri...horrible...j'étais tétanisé, que pouvais-je faire ?
Le cri se transforma en gargouillis...bientôt, je n'entendis que des craquements...il avait finis de lutter...
Je réajustai mon sac, silencieusement. Je me déplaçai à pas feutré vers la porte.
Une sorte d'œilletons artisanale y avait était foré, un simple trou bouché par du plastique de bouteille.
J'aurais mieux fais de ne jamais regarder...

Je reculai et vomis en plein milieu de la pièce.
Je déteste vomir !
J'essuyai ma bouche d'un revers de la manche et bu de l'eau pour faire passer le gout de ces boites de conserves mystérieuses.
Je m'avançai vers une fenêtre, enlevai les barricades apposées et la brisa d'un sec coup de coude.
Je passai ensuite précautionneusement, en m'agrippant sur les côtés, et atterris sur le sable meuble. Je regardais la hauteur du mur d'enceinte à côté de ma maison...jamais je ne pourrais sauter aussi haut...

Je me mis donc debout sur le rebord de la fenêtre que je venais de briser et tendis les bras pour attraper le toit en tôle fine de ma maison. Je remontai jusqu'à ce que ma poitrine atteigne la hauteur du toit, puis basculai ma jambe droite pour m'en servir comme appuis. Je me relevai et calcula mentalement la distance qui séparai le toit de ma maison du mur d'enceinte. Il faudrait que je saute sur deux mètres de longueur et au moins un mètre de hauteur...

Je pris de l'élan et me jetai sur le mur.

Mes mains s'accrochèrent presque automatiquement. Et j'appliquai la même technique que précédemment pour me hisser sur le mur. Il n'était pas bien épais, à ça non. Cinq centimètres de métal tout au plus.

J'atterris en me ramassant dans un nuage de sable volatil.
- Là, Razvan !
Je me remis debout et regardai la source sonore.
- Sacré nom de...

Un dernier carré

Un groupe d'une dizaine de citoyens menait une résistance farouche à l'extérieur. Certains équipés de pistolets à eau (les plus chanceux), d'autres de couteaux ou encore de bouclier anti-émeute.
Je restais à l'écart. Que pouvais-je faire ?! Je n'avais pas d'arme. Et les zombies des Hordes de minuit ne sont pas les déambulant diurnes, ceux-là courent, sautent. Un rondouillard se retrouva plaqué au sol, sa carotide vola un instant dans une bruine de sang. Mais le zombie n'eut pas le temps de profiter de sa victoire, arrosé dans les règles, il fondit en quelques secondes.

Peu à peu, le groupe était décimé. Une douzaine de zombies submergèrent un résistant. Je ne préférais même pas regarder.
Ce fut la fuite. Je partis en premier. Coupant la mêlée à une vitesse telle que je ne m'en serais jamais cru capable. Je marchais dans un agglomérat de sable, de sang et de liquide visqueux, sautai en dessus des divers cadavres.
Bientôt, les derniers survivants me suivirent, comprenant que c'était la seule chose à faire. Certains me talonnaient déjà. Un gardien, équipé d'un de ces fameux bouclier anti-émeute me dépassa même prestement, pourtant passablement blindé et possédant la carrure nécessaire à une telle fonction.
Mais les morts couraient, eux aussi.
J'entendais derrière moi les chutes de mes compagnons. Je regardais un instant en arrière.
Juste à temps pour voir un zombie se jetant sur un homme distant de quelques centimètres. Il fut happé en arrière, son visage refléta pendant un court instant la surprise totale, l'incompréhension, avant de passer à la douleur suprême.

Il ne restait plus que moi, et le gardien. Je les sentais dans mon dos. Mais je ne pouvais aller plus vite, mes poumons me brûlaient, ma gorge me faisait affreusement souffrir, ma bouche était complètement sèche.
Le gardien devant moi entendait mon souffle court, il savait que je n'allais pas pouvoir continuer ainsi encore longtemps. Il ralentit l'allure avant de s'arrêter complètement et de face à nos poursuivants.
Il me regarda passer en hochant la tête.
- Allez gamin, coure !

Il mit son bouclier à l'horizontal et le leva.

J'entendis un fracas. Mais ne me retournai pas. Bientôt, les bruits de la lutte furent couverts par ceux de ma respiration saccadée.

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MessageSujet: Re: Hordes   Dim 5 Oct 2008 - 19:24



Je lu le panneau d'un œil distrait, tout en passant entre les portes. "Coteaux abattus des Brûlés". Ca remonte le moral ça c'est le moins qu'on puisse dire...
Mais le moral ne veut plus trop rien dire...
Je voulais juste sortir. Passer du temps en dehors du cloaque qu'était ma petite habitation.
Et il faisait bon, ce jour là...

Une dune de sable s'était formée dans mes chaussures et devenait de plus en plus dure. Je m'assis sur un petit rocher brûlant et retirai mes pompes et mes chaussettes. Je m'étendis un instant sur ce rocher, regardant le bleu du ciel...la seule chose encore fascinante et fraiche de ce monde. Mais allez quoi ! Faut pas fainéanter ! Chaque seconde de la journée doit être utilisée pour préparer la nuit.
Je remis donc mes godasses et remarquais un bout de bois enfoncé dans le sable.
Je le pris pour me rendre compte que c'était le manche d'un long couteau ciselé. Une telle trouvaille n'est, malheureusement, pas un miracle ici. Le désert est remplit d'arme. D'anciennes luttes marquent le paysage des restes de leurs personnages, et des armes de ceux-ci.
Il devait appartenir à un fouineur ayant un penchant pour l'artisanat, parce qu'il était particulièrement bien travaillé. Des crânes sur des colonnes vertébrales étaient sculptés dans le bois du manche. La lame Bowie était crantée sur le dessus, pratique pour couper une branche ou quelque chose de plus organique...
Je l'accrochai à ma ceinture et me remis en route, après avoir bu un gorgée d'eau.

- Ici Razvan, je suis en 0;7. Je suis face à des sortes de...heu...des silos à grain je dirais, mais je suis pas sur. En tous cas ça dépasse à peine du sol...c'est tout ensablé, faudrait venir m'aider, je suis sur qu'on pourrait trouver des trucs intéressants là-dedans. Y'a aussi des sortes de petites cabane et un complexe au centre, fait en béton, mais tout est ensablé ou bloqué par de la végétation...faudrait penser à emporter des désherbants Ness-Quick.
J'attendis...rien...je bus une gorgée d'eau pour patienter, fait vraiment soif dans cette chaleur.
Un grésillement. J'approchai le Talkie-walkie de mon oreille.
- Omnimusha, j'arrive !
Je reculai vivement le Talkie-walkie, surpris par un tel niveau sonore.
- J'arrive aussi !
Ca devait être Jingjong.
Bon, deux personnes, ça devrait aller...
Je rangeai ma radio et commençai à faire le tour de l'exploitation.
Un silo dépassant à peine su sol, des cabanes qui n'avaient de cabane que la forme rectangulaire et les planches en bois pourries, un centre en béton au milieu de tout ça, avec une fenêtre cassée...
Une fenêtre cassée
Je sautai et m'accrochai au rebord. Je hissai ma poitrine jusqu'au rebord et fis basculer ma jambe droite sur le béton. Après quelques contorsions, j'atterrissais à l'intérieur.
- Grrrrrr...
On aurait dit le grognement d'un félin. Une peur innommable me pris au tripes. Je m'attendais à tomber nez à nez avec un immense tigre ou un lion.
Je fis volte-face et tombai sur bien pire...
Une dizaine de zombies ! En groupe informe autour de restes humains semblait-il.
Ils étaient tournés vers moi, tous, sans exception. Ils me fixaient d'un regard vide...ou non, plutôt emplit de haine, oui, au aurait dit qu'ils me haïssaient. Une colère primaire.
La tête du cadavre à moitié dévoré tomba sur le côté.
Feltfield ! Merde ! Un ancien pote, très ancien même, du temps où l'on pouvait aller faire ses courses au supermarché du coin...
Il n'aurait pas dû finir ainsi, ah ça non, il aurait dû...je ne sais pas, mais il aurait dû vivre, pourquoi a-t-il finit ainsi ?! Pourquoi lui ? Il avait une femme, des enfants ! Ca devrait être moi à la place...ou quelqu'un d'autre plutôt...
Je reculai, je ne pouvais m'en empêcher, certains avançaient déjà vers moi, d'une démarche lente mais assurée, comme si ils ne voulaient pas m'effrayer. Je butai sur quelque chose et maintenu de justesse mon équilibre. Je penchais la tête vers le sol.
Il avait une femme, des enfants
Et ils étaient là...
Mon cœur accéléra, je le sentis. Mes mains tremblaient, mais plus par peur, non, par haine, par désir de vengeance, par colère.
Une colère primaire
Qui s'était aussi emparée de moi. Je les haïssais ! De tout mon cœur et mon esprit, je les méprisais et les abhorrais, en cet instant, mes yeux s'injectèrent de sang et mes mains se crispèrent.
J'empoignai mon couteau et me jetai sur le premier monstre.
Je tombai avec lui et plantai à deux reprises le couteau dans sa bouche, je fauchai ensuite le tendon d'Achille d'une autre monstruosité. Elle s'écroula immédiatement. J'écrasai sa carotide en me relevant et plantai un ventripotent trentenaire. Ses tripes se rependirent sur le sol.
Je continuai le massacre en me jetant sur un zombie particulièrement grognant. Quelques gorges tranchées plus tard, son corps déjà décomposé gisait au milieu de trois autres supplémentaires. Je fis basculer un nouveau mort-vivant avant de planter le bout du couteau dans son bas-ventre et de me servir de sa forme Bowie pour l'ouvrir comme un paquet de chips jusqu'au menton. Je m'éloignai un peu, reprenant mon souffle, puis pris appuis sur le mur le plus proche et sautai de tout mon poids sur un imposant colosse de chair. Il s'effondra tout de même sous le choc. Je lui enfonçai les yeux dans les orbites tout en criant à plein poumons. Du sang noir poisseux coula sur mes mains.
Je me relevai et empoignai par son imposante chevelure une femme aux lèvres grignotées. Je lui claquai la tête contre le mur jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'un morceau de peau et d'os sanguinolent, palpitant de mort. Des mains enserrèrent mes épaules. Je jetai ce qui restait de Miss coiffure et balançai mon coude dans la face du traitre. Immédiatement je recouvrai ma liberté de mouvement et me retournai face au misérable. Ma rage fut freinée immédiatement.
Ca ne pouvait être elle ! C'était impossible ! Cette adolescente qui m'avait échappé dans les ruines de la villa de "Tertres moisis de l'indicible". Je ne pensais pas que les zombies pouvaient changer de Horde. Je croyais qu'ils avaient la leur, point, à la ligne. Je m'étais trompé, une fois de plus.
Elle profita de ma déstabilisation pour se jeter à mon cou. Je lâchai le couteau sous l'impact. Ma tête frappa durement le sol et ma vision se troubla. Je la sentais qui remontait lentement. Mais je ne pouvais bouger, du sang se répandait en flaque sous ma tête. Ma vision s'obscurcit et mes muscles se relâchèrent, ils n'étaient pas assez fort pour me libérer de son étreinte. Elle avait maintenant atteint mon cou et je senti son souffle sur ma peau. S'en était finis, je ne regrettai pas trop ma mort, au moins, ma tueuse aurait été plutôt agréable à regarder...si elle était encore vivante...
Sa prise se relâcha, elle fut soulevée et projetée en arrière. Une sorte de blondinet fort en chair avait décidé de passer avant elle. Ma main tâta le sol et effleura le manche du couteau. J'attendis qu'il soit assez proche et plantai la lame dans son oreille, le bout sortit par l'autre. Je retirai le couteau et basculai le corps pour me relever et faire face à ma prétendante. Disparue ! Encore ! Introuvable, une fois de plus !
- T'as raison d'te planquer p'tite saloperie ! Parce que si j'met la main sur ton cu, j'te défonce, j'te fais roter du sang ! Mais j't'aurais...See you soon gros paquet d'merde !
Un petit rire nerveux s'empara de moi. Ma voix était vraiment chevrotante, comme si je pleurais. Et mon accent anglais, plus qu'à chier, quoi que, je pouvais rivaliser avec Thierry Roland.
Silence
Hormis ma respiration saccadée.
Je m'assis sur le sol souillé. Peu à peu, je me calmais. Une vieille dalle refit même son apparition.
J'essuyai le couteau sur mon pantalon avant de l'accrocher à ma ceinture et m'approchai d'un cadavre dans un coin de la pièce.
Ca faisait quatre jours que je n'avais rien avalé, et il paraissait frais. Je ne pouvais pas dévorer Feltfield, pas un ami non, encore moins sa femme ou ses enfants. Mais lui, ou elle, je ne le connaissais pas. Et vu avec quelle ardeur les zombies rognaient la chair, cela ne peux faire de mal...
Je sortis un sac plastique de mon sac en bandoulière et y glissa un rein, le cœur ainsi qu'un morceau de bras, découpé avec le couteau tout juste essuyé. Je le re-nettoyai donc sur mon pantalon avant de le remettre à ma ceinture. Je fermai le plastique et le calai dans mon sac.
Une porte vola en éclat. Mon sang ne fit qu'un tour dans mes veines.
Omnimusha apparue, suivis par Jinjong.
- Razvan, enfin ! On entendait crier, mais on ne voyait rien.
- Comment ça crier ?
- Bah oui, tu gueulais et insultais comme un marin qu'y'aurait perdu son whisky, et ça fait presque dix minutes qu'on fait le tour du bâtiment pour trouver une porte.
Je m'en étais même pas rendu compte.
- J'ai voulu visiter un peu en vous attendant...j'ai rencontré de charmants autochtones...
Jinjong jeta un coup d'œil en arrière.
- Et à part si tu veux parler à leurs copains, je te conseil de venir avec nous...
- Mais attendez, on a pas fait tous ça pour rien.
Omnimusha tapota son sac.
- Pourquoi tu crois que nos sacs sont si lourds ? T'inquiètes, on a pris tout ce qui avait à prendre ici. Allez, on se dépêche, nous reste plus beaucoup de temps !
Je les suivis. Le bois de la porte au sol craqua sous mes semelles lorsque je passai dessus. Le froid de l'extérieur m'assaillit.

Je déposai mon sac sur une table basse et en sortis le plastique. Je le mis précautionneusement sous les lattes du sol, un endroit bien au frais. Je me laissai tomber sur mon lit et laissai échappai un petit cri. J'avais oublié à quel point il était dur.
Pas de tente pour ce soir, trop fatigué. La journée avait été remplie en émotions, trop remplie même. Remplie de sang et de viscères, remplie de peur et de colère, de tristesse et de haine. Je tâtai le derrière de mon crâne, la douleur commençait à se réveiller.
Je ne réalisais toujours pas ce que j'avais fait. La rage avait inhibée toute sensation de peur pendant que j'accomplissais un véritable massacre. J'avais fêtais ça en rentrant en ville, au début, ils voulaient pas me croire, mais Omnimusha et Jingjong ont confirmées mes dires. Finalement, il doit plus rester beaucoup de bouteilles de "Debout-Les-Morts"...
L'image de l'adolescente me revint tel un flash. C'était la seule à avoir survécue. Deux fois. Il est de notoriété de dire que les zombies ne pensent pas, ils n'ont aucune conscience, pour eux, nous ne sommes que de la nourriture, ils avancent vers nous, nous attrapent et nous mangent.
Mais pourtant, j'avais l'impression qu'elle me suivait, me traquait, qu'elle me voulait, ma chair et uniquement elle, celle de mes congénères ne l'intéressaient pas...
C'est sur ces pensées que le sommeil m'emporta...

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MessageSujet: Re: Hordes   Dim 5 Oct 2008 - 19:24

- C'est p't'être une lettre des impôts...
Je soufflai sur l'enveloppe pour retirer ce qui restait de sable.
- Mouai, parle pas d'malheur, j'préfère encore les zombies à ces trucs...
- Si ça se trouve ça va faire de la musique quand tu vas l'ouvrir !
Je regardais Jingjong d'un œil amusé.
- On verra ça quand on sera rentré.
Omnimusha ramassa un morceau de bois pourrie et l'engouffra dans son sac. Il se leva et marcha d'un pas décidé vers la ville qui pointait à l'horizon.
Nous le suivîmes dans un fracas de métal et de bois, des trouvailles branlantes pleins nos sacs.

Le retour est toujours plus rapide que l'allez, le rythme de la marche plus pressé aussi, rien ne vaut la sécurité rassurante de la ville.
Nous nous séparâmes peu après les portes. Omnimusha et Jingjong partant vers la banque et les chantiers, pendant que je rentrais chez moi, la lettre toujours à la main.
Je leur ai laissé mon sac pour qu'ils le vide en banque, je viendrais le rechercher plus tard.

Je refermai la porte derrière moi et posai l'enveloppe sur la table basse. Je rapprochai un tabouret renversé au sol et m'assis pour la première fois de la journée. Un petit soupir fila entre mes lèvres, le soupir du réconfort humble, le bonheur d'être simplement assis, en sécurité chez soi, s'apprêtant à ouvrir une mystérieuse enveloppe et surtout, le bonheur d'être en vie.
Je pris mon couteau Bowie ciselé et m'en servis comme d'un vulgaire coupe-papier. L'enveloppe s'arracha plus qu'elle ne s'ouvrit. Je glissai mes doigts à l'intérieur et en retira un morceau de papier blanc arraché et plié en deux.

https://i.servimg.com/u/f35/11/55/96/05/theori10.jpg

Je lâchai un juron tout en dépliant la feuille pour lire la suite.

https://i.servimg.com/u/f35/11/55/96/05/theori11.jpg


J'en restais sans voix...je déglutis avec peine...je n'étais donc pas le seul...
Je n'étais pas le seul à les avoir déjà vu me dévorer, me ronger les os, me sucer la moelle, assimiler ma chair encore frissonnante.
Mais à chaque fois je me réveille. Que ce soit dans une autre ville ou encore dans les ruines de la ville détruite. Des fois même j'arrive à m'échapper pendant le chaos d'une attaque réussie de la part des zombies. Je cours, je cours, je me débats pour qu'ils me lâchent, et je cours...dans des décombres, dans le sable, dans le sang, vers une autre ville.
Savoir que mes rêves étaient partagés ne me rassurait pas pour autant. Avant, je pouvais me dire que c'était mon esprit qui trouvait ça drôle, mais là...le témoignage de ce pauvre hère me faisait réaliser que nous étions tous dans la même galère...je ne savais que penser...

Toc toc toc !

Je reposai les papiers sur la table et ouvris la porte.
Jingjong me balança mon sac. Je le rattrapai maladroitement, qu'est-ce qu'il était lourd !
- Allez cowboy, on va faire un peu de ménage !
- Quoi ?
Elle me lança un regard agacé.
- Eledrin, Megales...Ca te dit rien ?
- Bah, désolé mais je vois pas de quoi tu parles, je crois qu'ils sont partis dehors...
Elle soupira, visiblement irritée.
- Ok m'sieur je sais tout, on dirait que t'écoutes pas souvent les ondes.
- Bah, c'est vrai que j'avais éteins ma radio pour être au calme, tu sais, cette lettre.
Je la désignai trainant sur la table.
- Rien à foutre, tu prends ton sac, tes bras, tes jambes et surtout ta tête, tu viens avec moi, on a du ménage à faire.
Voyant que je ne comprenais pas tout, elle décida enfin de m'éclairer un tant soit peu.
- Eledrin, Megales et d'autres sont bloqués dehors, à quelques centaines de mètres des portes. Ils se sont repliés dans une sorte de formation rocheuse, la Horde, enfin, un morceau de la Horde est en avance on dirait...
- Comment ça ? J'suis pas trop d'accord avec toi, ça doit être un groupe de zombies trainards, rien de plus...les Hordes sont toujours ponctuelles.
- Trop rapides...
- Quoi ?
- Trop rapides ! Ils sont trop rapides ! Ils n'ont rien à voir avec les poireaux sur lesquels t'as passé tes nerfs la dernière fois...non...ceux-là sont...plus...comme ceux qui attaquent le soir...
Je mis correctement mon sac en bandoulière.
- Et les autres ?
- Ils bâtissent le grand fossé...certains font déjà les plans pour un grand déménagement...
- Attend un peu là, tu vas me dire que je suis le seul disponible ?
- Plus simplement, oui ! Alors tu ramasses tes questions et tu me suis !
- Ok, ok !
Je me précipitai sur mon couteau et m'en servis pour soulever les lattes cachant la viande...humaine. J'ouvris le sac pour y glisser le plastique et vis tout au fond un autre plastique, rempli d'eau, entouré de rustine et d'un bâton de dynamite avec une sorte de minuteur. Je déposai délicatement la viande par-dessus et refermai mon sac.
- Qu'est-ce t'as foutu dans mon sac là ?!
- Heu...ah, je vois que t'as trouvé ton pâques en avance...ça sera utile, crois-moi...
- Pourquoi ça ? Combien de zombies exactement bloquent nos aventuriers ?

Ils étaient une bonne...centaine...
Les survivants, cinq ou six vu de loin, étaient montés sur d'énormes rochers et tenaient en équilibre en nous faisant des signes. Les zombies grognant étaient rassemblés aux pieds des îlots d'humains, levant les bras, griffant la roche. Certains faisaient même de petits sauts, d'autres couraient en tout sens. Jingjong avait raison, ce n'était pas des trainards, ils faisaient bien partis des Hordes...
Quelques uns se retournèrent vers nous. L'Horreur. Leurs yeux scintillaient de rouge. Ils ne produisaient pas de lumière, non, bien sur, pas comme dans ces vieux films à bas budget. Non, ils reflétaient rouge plutôt, comme certaines personnes sur les photos.
De la bave dégoulinait de leurs bouches continuellement ouvertes, de l'écume se formait aux commissures de leurs lèvres pour la plupart rongées. Un petit groupe nous fixait maintenant. C'était le moment.
Je sortis doucement la bombe à eau de mon sac, sans geste brusque, fixa le détonateur à ce qui pourrait ressembler à un bâton de dynamite.
Un cri strident déchira le ronflement du désert mort. Un zombie jusqu'à là replié sur lui-même s'était ouvert au ciel, gorge déployé et avait poussé un cri discordant qui me fit perdre momentanément mes moyens, je laissai tomber le détonateur mal fixé.
Comme pour répondre au cri, une vingtaine de zombies se tourna d'un seul mouvement pour nous faire face...peu à peu, ils avancèrent vers nous.
Puis se mirent à courir, à une allure que je doutais moi-même de pouvoir atteindre. Je me baissai promptement pour raccorder le détonateur à la bombe.
J'entendis un craquement de bois derrière moi et Jing' me poussa, une large planche de bois (une porte sans doute) entre les mains.
- Amorce cette flûte de bombe surdoué !
J'appuyais sur un bouton, un voyant vert clignota.
Jing' se jeta littéralement comme un mur propulsé sur la marée de zombies, la planche utilisée comme un bouclier anti-émeute. Le fracas fut horrible. Des os furent broyés, des éclats frôlèrent le sac d'eau. Jingjong tomba finalement sous le poids de la masse de décérébrés. Des mains se tendirent de toutes part pour attraper le morceau de chair fraiche, écrasé entre le sable encore chargé de la chaleur du soleil de l'après-midi et les chairs froides des morts en avance sur le timing. Finalement, le voyant passa au rouge et émis de petits...
Bip !
Et merde ! Comment pouvais-je faire pour lancer ce sac, les zombies étaient trop proches de Jing', évidement vu qu'ils étaient dessus...
De petits cris me parvinrent. La colère monta en moi...mais la culpabilité primait, je ne pouvais rien faire. Les cris augmentèrent en intensité. Je commençais à paniquer.
Finalement je jetai le sac à quelques mètres en aval de la masse. Et me repliai sur moi-même.
La détonation
Assourdissante. Mes tympans restaient muets. Mais peu importait, mes yeux virent.
Ils virent l'explosion souffler le tas de zombies s'étant formé sur Jing'. Et l'eau, toute cette eau, dispersée...
Avez-vous déjà vu du cartilage se liquéfier ? On s'en souvient longtemps...
Le tas remuait. Des cadavres en cours de liquéfaction roulèrent sur le côté. Une forme se leva et balança au loin des morceaux de bois.
Jingjong ! Elle s'en était sortie !
Je courais vers elle tandis qu'elle enlevait le plus gros de la masse organique fondue sur ses vêtements. Elle m'accueillit avec un regard noir.
- T'en as mis du temps, vilain !
Sa voix tremblait, je ne relevais pas cette invective, je ne sais pas comment je réagirais à un tel truc.
- On a pas finit j'te rappelle, c'était qu'une mise en bouche ça...
Elle me fixa de ses yeux remplis de colère.
- T'arrêtes jamais toi avec tes vannes débiles, gros lourd !
- Bon, alors on fait quoi grand chef ?
- On, on...je...
Elle sortit une bombe à eau de son sac, mais cette fois-ci cela consistait simplement en un sac rempli d'eau, pas d'explosif cette fois-ci.
Au même moment, des cris se firent entendre du côté des rochers.
Un homme d'une trentaine d'années avait glissé et se retenait à la main tendue de sa femme.
Des opportunistes sautèrent sur la bonne occasion et s'agrippèrent à ses jambes. Cela en fut bien assez pour décrocher la timbale, le mari emporta sa femme. Cette dernière disparut rapidement sous la masse et on entendit à peine ses hurlements étouffés. Le trentenaire par contre fut dépecé sous nos yeux. C'est étrange de constater à quel point le sang gicle des artères, à quel point la peau s'arrache facilement, à quel point les os craquent, à quel point les tendons claques lorsqu'ils sont sectionnés, à quel point nous somme consommables...
Jingjong prit un peu d'élan et lança la bombe au l'endroit sanglant du dîner. En plus d'être sanglant, l'endroit devint rempli de...corps liquides gluants...
Les survivants témoins tremblaient comme des feuilles, la Terreur se lisait sur leur visage. Non la sensation, la maladie, ils étaient Terrorisés, sur leur petit radeau de sauvetage flottant au dessus d'une mers déchainée d'âmes affamées. On le serait pour moins qu'ça.
Il restait encore un cinquantaine de zombies...et à l'horizon, des formes bougeaient...la Horde, la vraie, l'entière.
Ma radio émit quelques grésillement. Je la décrochai de ma ceinture.
- Ici Omnimusha, depuis le mirador. Razvan, Jingjon, tout l'monde, ram'nez vos fesses illico presto ! La Horde arrive ! Ils sont plusieurs centaines ! Il en arrive de tout les côtés.
Je répondis sur un ton proche du regret.
- Mais nous ne pouvons pas les abandonner !
- Nous fermons dans cinq minutes, si vous voulez les aider, faite-le, mais personne d'autre n'ira se suicider pour vous.
Le canal fut coupé.
Je remis la radio à ma ceinture. Jingjong regardait au loin, les yeux mouillés, les mains tremblotantes.
Cette odeur !
Une odeur de sang, mêlée à du métal...et une touche de cette encens médiévale reconnaissable entre mille. Je déglutissais avec peine. Je me tournai vers les trois survivants maintenant bien découpés entre le ciel noir sans étoile et leur rocher marron. Ils nous regardaient...suppliant...ils voulaient vivre, ils voulaient nous suivre, repartir avec nous. En cet instant, ils étaient prêts à tout. Pour continuer à vivre, pour vivre d'autres choses, pour ne pas finir comme le couple maladroit, pour ne pas finir comme les Hordes, pour ne pas finir dévoré, pour ne pas avoir à souffrir autant.
Mais nous ne pouvions rien faire. Aucune arme, trop de zombies...et surtout bien trop actifs, nous avions déjà de la chance qu'ils ne s'occupent pas trop de nous. Ils comprirent dans notre regard.
Jingjong me tapota l'épaule.
- Allez, faut qu'on pense à notre peau. On peut rien faire...pour l'instant, mais il faut qu'on vive si l'on veut aider plus tard.
Je fus surpris par de telles paroles et la suivis sans hésitation, mais non sans remords.
Deux aventuriers se jetèrent dans l'espoir de s'échapper. J'entends encore leurs cris dans ma tête.
La dernière survivante était assise en tailleur sur le rocher, elle me fixait. Cette image me poursuivra toute ma vie. Elle me fixait, moi et rien d'autre, mon visage. Je marchais à reculons, je ne pouvais pas l'ignorer. Mais surtout, un détail fit rouler une larme sur ma joue. Elle souriait. Elle était détendue et me souriait. Un de ces sourires qui veulent dire "Je te pardonne".
Non !
Jamais personne ne pourra me pardonner ! J'aurais dû faire quelque chose, quelque chose pour l'aider.
Mais la seule chose que je fis, fut de lui rendre son sourire.

Les portes se fermèrent dans un grincement sinistre.
Jing' me raccompagna jusque chez moi.
- Je peux entrer cin' minutes ?
- Fais comme chez moi...
Elle s'allongea tout de suite sur mon matelas. Je pris un tabouret et sortis la viande de mon sac.
- Tu veux grignoter un p'tit truc ?
- C'est quoi ?
- Tu préférerais ne pas le savoir...
- De l'humain ?
- Ouai...
Elle émit un petit grognement.
- On va pas faire les difficiles...
Je découpais un morceau de rein et lui envoyai, puis pris un bout de cœur.
Allez, on avale et on oublie ce qu'on vient de manger...
- Razvan ?
- Hum ?
- Je suis désolée.
- De quoi ?
- De ma réaction, j'étais....enfin, c'était vraiment...je sais pas comment dire...le contact avec ces chairs putréfiés, humides...j'étais submergée, des mains me tiraient de tous les côtés...je me croyais dévorée tu sais...je pensais que j'allais mourir comme ça...
- Je suis désolé aussi...j'ai mis du temps pour la lancer cette bombe.
- Mais tu m'as sauvé en quelque sorte.
- Toi aussi, en les retenant le temps que j'active le détonateur.
Elle laissa échapper un petit rire, plus nerveux qu'autre chose.
- On forme une bonne équipe en fin de compte.
Son regard se perdit au loin.
- Cette ville est morte d'ici deux à trois jours.
- Je sais...
Un long silence s'en suivit.
Elle se leva, essuya sa bouche avec sa manche.
- Merci pour le casse croute.
Elle s'avança vers moi, sortit un papier de sa poche et me le tendit.
- On est déjà deux, peut-être quatre bientôt, ça fera cinq avec toi...ne sois pas en retard demain...
Elle partit rapidement.
Je dépliai le papier. Des coordonnées.
Je le reposai sur l'enveloppe du récit trouvé dans le désert et partis m'allonger dans mon lit. La place était encore chaude.
Je m'endormis peu de temps après, mes dernières pensées dirigées vers un futur un peu moins solitaire...

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MessageSujet: Re: Hordes   Ven 24 Juil 2009 - 9:51

Hop hop hop, on souffle la poussière, on passe la serpillère, on virre les bières, on dégages les pierres, on n*que ta noel

Changement totale. Le bougre a fait un virage à 360° (ouais il est con), tout comme son Dieu (Héhé bakastyle ). On passe d'un héros optimiste pas réaliste à une sombre translation Hordienne d'une Dahlia tout droit sortie de l'adaptation cinématographique de SH (pour les aficionados).

Bien sûr, ce qui suit est un condensé de petit RP illustrants des actions authentiques. Donc rien n'est inventé, même, et surtout en fait, les noms. J'espère que cela pardonnera le fond qui, malgré tous mes efforts d'embellissement ( bakastyle ) est incroyablement creux.

Si vous avez du temps à perdre, je suis heureux de combler votre trou noel

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Dernière édition par Okinawa le Ven 24 Juil 2009 - 22:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Hordes   Ven 24 Juil 2009 - 9:54

Multitude des Hydratones



C'est amusant que certains tiennent tant au règlement, et s'amusent à le plier quand ça leur chante.
C'est ce que se disait Razvan quand il passa les portes de la ville. L'air frais le saisit immédiatement. Cela faisait si longtemps qu'il n'était pas sorti. Enfin, il sortait tous les jours pour ramener des pourritures en ville dans l'optique de les retaper, mais depuis son arrivé il n'était jamais allé aussi loin.
La silhouette de la ville se faisait de plus en plus petite, et celle du groupe d'explorateurs prenait enfin consistance.
Sa radio grésilla et cracha un son infect.
- Razvaaaan dehors !
Un rire suivit cet appel. Le portier reconnu la voix d'Alawa et mit deux bonnes minutes pour trouver sa radio dans l'enchevêtrement de chiffon qui l'entourait.
- Regarde derrière toi l'ami...
Il discerna une silhouette qui se retourna et fit un signe de salutation amicale...ou glauque c'est selon le point de vue. Alawa rigola de nouveau et rapprocha la radio de sa bouche.
- T'es jamais très loin de moi, rassurant.
Razvan arriva assez près pour répondre de vive voix, toujours sur ce ton discordant.
- Content de voir que ma présence ne te donne pas de l'urticaire, enfin pas encore.
Il enchaina en essayant d'englober le groupe d'un seul regard.
- Ce qui n'est pas le cas du responsable de la banque, apparemment mes allers et venu ne lui ont pas plu...faudra pas compter sur moi pour déblayer le chemin.
Naohl rigola en secouant la tête.
- Tu t'es regardé aussi ? Je m'approcherai plus facilement d'un de ses macchabés (il fit un signe de tête en direction d'un trainard qui grognait à quelques mètres de l'assemblée). Déjà tu mettrais des chaussures, je comprends pas comment t'arrives à marcher pieds nus...
- A force les pieds s'habituent et...
- Et puis ça rime à quoi cet accoutrement ? T'as fais quoi de ton uniforme de citoyen ?
- J'en ai gardé quelques morceaux...
- Enfin bref...pour en revenir au armes, c'est pas grave, on est nombreux ce soir, ça ira.
Un sourire malsain se dessina sur le visage de Razvan.
- Je peux retourner en ville le...convaincre...de me laisser une arme, si c'est pour le...bien...de la ville.
- Non vraiment, ça ira comme ça je t'assure...détend toi et profite de la ballade, on s'occupe du côté sécurité.
- Je suis très détendu...
Et le groupe se mit enfin en marche, bien qu'une partie avait déjà avancé, que ce soit en éclaireur, par lassitude de la conversation ou aversion pour l'être abject (si si il parait) qui s'était décidé à sortir de l'enceinte de la muraille.

Une demi-heure plus tard tout le monde s'arrêta. Quelques uns s'assirent dans le sable pour reprendre leur souffle.
Alawa se tourna vers Razvan.
- Razvan volontaire désigné d'office pour rester.
Il interrogea Alawa du regard.
- T'as pas d'arme, alors tu seras le premier à rester en arrière pour fouiller...dès que tu juges la zone fouillée, tu passe à la suivante non épuisée en respectant l'itinéraire de l'expé...ok ?
- Pas de problème.
- Bien...nous autres, on continue.
Quelques grognements roulèrent mais ils se levèrent tous et prirent plein Est.
Quelques minutes plus tard le silence reprit le contrôle du désert et invita son ami la solitude. Quoi de plus merveilleux pour fouiller tranquillement ?
Quelques épaves de voitures à demi enterrées, un tas de bois pourrie et humide et des dunes de sable frais, voila de quoi faire.


Deux heures plus tard, l'errant mit le cap sur les pas des avant-gardistes, un sac de ciment pesant dans son sac. Il arriva très vite dans le secteur de fouille de Zat. En tout cas c'est ce qu'indiquaient les divers messages radio échangés. Mis à part un trou et de nombreuses petites roches, le secteur était désert. Il se résolu donc à passer à la zone suivante.

Et cela continua ainsi toute la nuit. De zone en zone, et toujours personne. Néanmoins, il savait qu'il était sur la bonne route, le groupe qui le précédait laissait des marques sur des rochers ou des dessins dans le sable. Il suivait littéralement à la trace l'expédition.
Jusqu'au moment où il fut accueillit par un demi-citoyen. Il ne restait plus que ses jambes...le reste se trainait surement dans un coin sombre. Dans la marre de sang séché un réfrigérateur d'étudiant balançait paresseusement sa porte au rythme du vent.
- J'adore...
Le réfrigérateur était vide, le tas de détritus alentour ne recelait rien de récupérable. Quelques troncs d'arbres couchés, pourris et recouvert de sang formaient une zone d'ombre menaçante que les premiers rayons du soleil n'arrivaient pas à percer.
Un bruit de raclement reconnaissable entre mille le fit sourire. Il se jeta derrière un tronc d'arbre et se ramassa sur lui-même. Un groupe de six zombies sortit de derrière un amas rocheux. Ils avaient visiblement senti quelque chose et ils déambulaient apparemment à la recherche de ce qui avait éveillé leur appétit. La masse informe cachée au milieu du bois pourrie ne resterait pas longtemps indécelable. L'errant le savait. Il prit donc les devant en bondissant dans un effroyable craquement de bois. Il saisit un zombie et le claqua sur le réfrigérateur. Sa tête explosa littéralement et le corps s'effondra. Razvan se retourna pour garder tous ses amis dans son champ de vision. Ils titubèrent en émettant de longues plaintes et avancèrent vers leur repas. Razvan recula pour mettre le réfrigérateur entre lui et ses bourreaux. Un zombie avançait plus vite que les autres...dommage pour lui pensa-t-il.
Lorsqu'il fut à bout de bras, Razvan saisit la porte du frigo et la claqua de toutes ses forces sur la jambe du zombie. Il profita de son état instable pour se jeter sur son autre jambe. Le décérébré chuta lourdement en avant, tête la première sur le coin du frigo. Razvan se releva et émis un petit rire moqueur, en ramenant mentalement le compte de ses cibles à quatre.
Mais il n'en voyait que trois. Il se retourna vivement. A temps pour être entrainé dans la chute du mort-vivant lui sautant dessus. Il mit un point d'honneur à repousser la mâchoire baveuse tout en enfonçant ses pouces dans les orbites purulents. Sur le coup ses assauts furent moins intenses, mais ses compagnons approchaient et poussé par l'équivalent de l'instinct de compétition, il se remit à l'ouvrage en bavant de plus belle. Le portier semblait dans de mauvais draps, sans jeu de mots, alors qu'un deuxième zombie arrivait à quelques centimètres de la lutte, ses mains en avant.
Il fut fauché sur place par un placage plutôt réussi. Razvan, maintenant rasséréné par ce changement d'avantage, replia ses jambes, les ramena sur son torse et repoussa le baveux qui lâcha finalement prise. A peine relevé, l'errant lui sauta dessus et écrasa sa tête sous une pluie de coups rageurs. Il se releva et constata que son sauveur était Leg0wlas, qui visiblement s'en était bien sorti avec les trois déambulant qui reposaient à présent en plusieurs morceaux. Razvan s'approcha lentement.
- C'est moi qui suis censé vous surveiller discrètement, pas l'inverse...
Leg0wlas rigola.
- On dirait que j'ai oublié un zombie !
Razvan fit un curieux bruit avec son nez et continua sur le même ton morne.
- Merci, vraiment.
- Y'a pas d'quoi. T'as eu de la chance que nos deux expéditions se croisent. D'ailleurs tu veux pas venir sur la mienne ?
- Hélas je suis déjà engagé...mais si tu insistes je te dois bien ça...
- Non t'en fais pas ça ira et puis on devrait se recroiser de toute façon.
- Bien j'ai déjà perdu assez de temps, je file les rattraper...merci encore...
- Rah, t'inquiète, t'aurais fait pareil.
Un petit gloussement s'échappa de la gorge de l'errant.
- Enfin je pense...hein ?
Mais déjà il s'éloignait. Leg0wlas secoua la tête et continua sa route, envoyant un message générale informant qu'il attendait l'expédition en [10;5].


Pour le portier le reste de l'expédition fut ennuyante, pas autant que les chantiers, mais presque. Sans qu'il s'en rende compte la journée s'écoula, la fraicheur nocturne bientôt remplacée par les assauts du sable brulant. Une chape de plomb étouffante s'abattit sur le groupe qu'il avait finalement rejoint et les soit disant héros passèrent plus de temps à dormir qu'à creuser. Pire que les poivrots des chantiers.
Les heures s'écoulèrent, inlassablement. Des cadavres esseulés se trainaient en permanence autour, mais sans but précis.

Le soleil commençait à décliner. Les messages radio devinrent de plus en plus fréquents, histoire de réveiller tout le monde et de s'assurer qu'il ne manquait personne. On entendit même la voix de Zat, preuve qu'il était toujours vivant. Jusqu'à preuve du contraire, les zombies ne savaient pas se servir de talkie-walkie. C'était en somme une fin de journée classique, agréable même. Une température chaude comme il faut, une bise légère s'était levée. Et le soleil n'en pouvait plus de tomber.

Ils rentrèrent un à un. L'odeur nouvellement porté par le vent les avertissant de l'heure sans même avoir besoin de contacter la ville. Une odeur âcre. Comme l'haleine d'une très vieille personne qui vous parle et va bientôt s'endormir pour toujours. Avec ce gout de fer, de terre dans la bouche, un peu comme si vous vous étiez mordu la langue ou la joue. Certaines personnes en sentant cette fragrance se voient creuser leur propre tombe. Une terreur sans nom s'empare des plus faibles et brise les plus forts.
Normal donc de voir tout le monde rappliquer en ville comme un troupeau bêlant.

Après avoir vidé son sac en banque, le portier réintégra sa tour de guet bien aimée, son office allait tout de même être exécuté. Elle n'en sera que meilleur après une si belle journée.


*
**


Les héros partaient. Au loin déjà ils n'étaient que des ombres. Ils étaient même plus ombre que l'ombre. Le désœuvré trouva tout de même la force de sourire en espérant que certains ne reviendrons pas des ténèbres. Peine perdu puisque les citoyens de cette ville étaient particulièrement ponctuels.
Lorsque l'horizon fut de nouveau totalement rempli d'encre noire, il tourna les talons et repris la direction de la banque. Le gros malabar de garde au registre de la banque fut ravi de le voir.
- Qu'est-ce que tu fous encore là toi ? Tu devais pas aller trainer ta sale gueule loin d'ici ?
L'homme à la "sale gueule" remis une bombe à eau et considéra un instant un morceau de viande indéfinissable, le rangeant à nouveau dans une de ses poches en se souvenant de la recommandation du tableau noir.
- Content de te voir aussi...bien dormi ?
- J'aurai mieux dormi en te sachant dehors.
"Sale gueule" s'approcha d'une table et ouvrit un tiroir pour en sortir un jeu de carte, il s'approche ensuite du costaud.
- En dehors de quoi ? De ta tête ? Je ne savais pas que je te faisais cet effet...
Il grogna et maintins une distance alors que l'errant n'était plus qu'à quelques centimètres. Ce dernier brandit le jeu de cartes, dispersé en éventail dans sa main, accompagné d'un "Tire une carte" qui fit sursauter le grand gaillard.
- C'est pas le moment de me chauffer avec tes tours à la con !
- Allons allons...maintenant que je reste en ville j'ai toute la journée devant moi...tu veux te débarrasser rapidement de moi hein ? ...alors tire une carte !
- T'es ravagé...
Il s'exécuta et prit une carte.
- La dame de pique.
Le ravagé sourit.
- Tu commences mal...tires-en une deuxième !
Il en reprit une autre, finalement curieux du résultat.
- Le dix de pique...c'est fait exprès ou quoi ?
Le sourire du ravagé s'agrandit.
- Mon pauvre...tu vas te retrouver face à des problèmes...des obstacles insurmontables...si tu avais tiré une carte de tarot tu serais tombé sur...la Mort...
Les derniers mots, bien que très répandus dans cet apocalypse, avaient résonné d'une façon particulière dans la banque et le balèze frissonna dans son enveloppe de muscle. Il réagit donc comme tout mammifère apeuré, sa peur se transforma en colère.
- C'est bien c'est beau, t'es content de ton tour hein ? Tu jubiles dans tes...draps ? Alors maintenant que t'as placé tes mots théâtraux tu dégages de MA banque ! Ou tu te retrouveras fourré avec ta dame de pique ! Et je me ferai un plaisir de ratisser le désert pour trouver un jeu de tarot et te le faire bouffer !
Le sourire béat de l'errant s'effaça subitement, il pencha sa tête comme si il analysait le visage déformé par la haine. Au premier abord en tout cas, car si l'on creusait un peu, on tomberait sur un gisement de terreur et d'appréhension.
Le malabar remonta ses manches et choppa l'errant par les cheveux, le jetant littéralement à l'extérieur.
L'erratique roula au sol en laissant échapper un léger cri, son genou ayant frappé une roche saillante.
Le gardien cracha au sol et renifla bruyamment en rentrant dans sa guérite.
[habitant] s'approcha de Razvan qui était resté assis par terre, mais s'éloigna dès que son regard croisa celui clairement misanthrope du paria.
Assez fier de l'effet qu'il arrivait toujours à provoquer, il se releva imperceptiblement pour se glisser dans un coin d'ombre et s'y fondre.

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MessageSujet: Re: Hordes   Ven 24 Juil 2009 - 9:58

Structures des Larmes de Sang




La ville était prête, les portes s'ouvraient. Les fondateurs regardèrent d'un œil suspicieux les premiers à venir trouver asile. Ces âmes désœuvrées qui avaient encore espoir. Espoir de glaner renommée, joie de vivre, amitié ou simplement du sursis. Cette abondance d'espoir s'apprêtait à se déverser dans la ville comme une énorme vague, à imprégner chaque maison, chaque objet, chaque parcelle de Structures des Larmes de Sang.
L'espace d'un instant, on aurait pu croire que les quatre aventuriers resteraient seuls, mais après ce petit relâchement, la silhouette d'une foule immense perça le rideau des ténèbres. Comme de l'eau s'écoulant dans un canal, le flux se concentra aux portes et ralenti.
Marchant à contre-courant, bousculant et se faisant repousser, une forme sombre et courbée, recouvert de couches de tissus déchirés, marmonnait des avertissements.
- Vous ne courez pas vers un sanctuaire mais loin de vos peurs...
Elle agrippa Kakashi38.
- N'allez pas avec les autres ce sont des imposteurs ils sont maudits !
Il secoua le bras pour se dégager.
- Il faut aller en ville c'est notre seule chance.
- Non ! Ce sont des loups qui ont l'apparence d'agneaux ils vous entraineront avec eux dans leur enfer...
Ragos lança une pierre et toucha en plein milieu du front Razvan qui tomba au sol en poussant un râle.
- Mensonges et insanités !
Razvan fixa son agresseur.
- Honnis soit celui qui lance la première pierre...des agneaux sans berger un berger sans troupeau, ce sont vos péchés qui vous retiennent ici...
Deux citoyens prirent le jeteur de pierre par l'épaule en lui disant de ne pas faire attention à cette folle.
Leogelas aida Razvan à se relever.
- Il faudrait vraiment que tu arrêtes ton cinéma, on va se faire jeter sinon...
Razvan jeta un regard noir aux citoyens qui continuaient d'affluer, avant de reporter son attention sur son interlocuteur.
- Ils s'agitent comme des insectes, des cafards s'agglutinant sous un tronc pourri...
Loerik arriva à son tour auprès de Razvan.
- Et on va faire comme eux, on a plus de vivre, cette ville est notre unique espoir.
L'errante pencha son visage.
- L'espoir est le pain du malheureux...c'est un investissement à double tranchant, il fait proportionnellement plus de douleurs lorsqu'il nous quitte que lorsqu'il nous emplit...
- Mouais, enfin on a pas le choix là, on entre ou on crève.
Farfix et Sabra se joignirent à la pseudo-réunion aux portes.
- On entre alors...
Leogelas et Loerik acquiescèrent, Razvan grogna et les suivit.
Le petit groupe s'inscrit sur le grand registre en banque, chacun prit une radio, régla sa fréquence et l'inscrivit sur un post-it accroché au tableau.
Ils se séparèrent ensuite pour rejoindre les habitations qui leur avaient été assignées.
Razvan ouvrit avec précaution la porte de sa "maison". Un grincement sinistre la fit sourire.
L'intérieur était comme tous les trous qu'elle avait eu la chance d'occuper. Un rat crevé, des débris de vase, une couche non négligeable de poussière et un creux aménagé au sol pour pouvoir s'y rouler et passer les longues attaques à espérer que le voisin sentent plus fort des pieds...et que les zombies soient attirés par l'odeur de pied...
Après un rapide coup d'œil, Razvan se retourna et surpris [habitant] en train de la regarder d'un œil méfiant, un rictus de dégout soulevant un coin de sa lèvre supérieur. La faute à ses longs cheveux ternes et collants, ses ongles remplis de crasse, ses vêtements (ou se qui s'en rapprochait) poisseux ou simplement en référence à ses paroles...la question ne se posa pas dans l'esprit de l'errante, les deux allaient de paire. Elle y répondit par un large sourire et un salut de la main, parodie malsaine d'un geste d'origine banale et gentillet. Le citoyen s'éloigna et secoua la tête. L'erratique laissa un petit rire la secouer et claqua la porte de son "chez-soi" en se redirigeant vers la banque.

Arrivée devant le grand gaillard responsable du registre, elle posa ses deux mains sur la table et fit claquer ses ongles. Lorsque le malabar releva la tête, il fut surpris par le visage penché et le sourire qu'il avait en face de lui.
- C'est pour ?
- Un message, un simple message...une demande plutôt, une suggestion...
- Ouais bref !
Toujours penchée, Razvan prit un ton neutre, la première fois depuis bien longtemps.
- Je me propose en tant que Portière.
Le gaillard lâcha un rire gras.
- Tu veux te faire embarquer dans l'outre-monde et accrocher aux fixations de défenses ?
- Le rire fait oublier les problèmes il ne les fait pas disparaitre...alors, tu feras passer le message ?
Il griffonna un instant sur le registre.
- Bien sûr bien sûr...mais pourquoi tu veux faire ça ?
Il n'avait même pas pris la peine de cacher la méfiance dans sa voix.
Razvan recula et son regard se perdit au sol. Lorsqu'elle releva la tête, son visage était barré d'une expression dérangeante, assez pour faire dresser les poils du costaud.
- Mais...pour les voir mourir voyons...
Le malabar fut parcouru d'un frisson, avant de se forcer à sourire.
- Pendant un moment tu m'as fais flipper...non mais il faut des arguments pour ta propositions.
- Et bien, je traine souvent mes godillots (le gaillard jeta un œil aux pieds nue de l'errante pour confirmer que ce n'était qu'une expression) sans savoir quoi faire vers l'heure fatidique, je suis ponctuelle, je ne pars pas souvent en expédition et ça permettra à tout le monde d'avoir l'esprit libéré du carcan de la fermeture des portes...
- Je note...
L'erratique s'éloigna.
- Merci très cher...
- De rien, je suis là pour ça. Au fait, t'étais pas sérieuse tout à l'heure quand tu disais que tu voulais nous voir mourir ? Hein ?
Razvan s'arrêta, émit un bruit ressemblant à un rire et sortit de la banque pour se fondre dans les ombres nocturnes.


*
**

Il s'agita un instant, ses yeux remplis d'incompréhension. C'est vrai que sur ce coup là les citoyens des Structures des Larmes de Sang s'étaient donné le mot pour rendre la justice populaire à une vitesse ahurissante. Quelques minutes après la création de la potence, un groupe de huit personnes a défoncé la porte de Smeoagolne. L'abondance de nourriture posée sur la table n'a en rien calmé les bourreaux. Pourtant il a bien supplié et ramper. Certains habitants l'ont défendu. Disant que c'est exactement ce qu'il voulait, que ça n'apporterait rien de bon, qu'il valait mieux le laisser vivre.
Mais il était coupable de meurtre. Les meurtriers méritent la mort.

Razvan, qui avait été particulièrement vindicative dans ses propos pour convaincre les citoyens de réagir restait maintenant silencieuse, admirant la scène, un sourire discret aux lèvres.
Tout était assez bien organisé. Smeagolne eut la gorge serrée par une chaine, les mains attachées dans le dos. Trois habitants tirèrent sur la chaine et l'attachèrent à un socle en bois prévu à cet effet. Quelques cris de colère et de vengeance assouvie serti d'insultes fusèrent un instant, puis on n'entendit que les bruits saccadés du pendu. Les gens commencèrent à tourner le dos et retourner à leurs occupations alors que les pieds de l'exécuté battaient toujours dans le vide.

Quelques minutes plus tard, il était paisible. L'errante ne pensait pas qu'il mettrait aussi longtemps à mourir. Elle s'approcha et poussa le cadavre. Il se balança d'avant en arrière en dodelinant de la tête. Un rire de petite fille s'échappa de sa gorge. Elle se surprit à le pousser en cadence comme une mère le ferait avec son enfant.
Saals arriva et coupa court à la macabre scène en détachant la chaine. Le corps tomba dans un bruit mat.
Il le balança sur son épaule et pris la direction des portes.
Privée de sa distraction, l'erratique regarda autour d'elle à la recherche d'une occupation saine.
Les mots "heure", "attaque", "zombies", "citoyens", "dehors" et "spectacle" se formèrent dans une partie obscure de son cerveau et elle aussi prit la direction des portes pour accomplir son office.

Sur le chemin, elle repensa à la scène qui venait de se dérouler. La façon dont 4rthas avait condamné cet acte, la petite discussion qu'il en était ressorti.
Son principal argument avait été que les meurtriers méritent la mort.
Chaque visage du petit groupe de citoyens ayant pendu Smeagolne apparu alors dans son esprit. Elle en faisait parti.
Ces gens là ont tué. Ils mériteraient donc la mort ?

Syllogisme ou apagogie ?

Elle y pensait encore alors qu'elle s'apprêtait à fermer les portes et sceller le destin d'un peu plus d'âmes.

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Dernière édition par Okinawa le Ven 24 Juil 2009 - 10:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Hordes   Ven 24 Juil 2009 - 10:00

[Même ville, juste que la limite de caractères avait été atteinte]




Les zombies repartaient. Ils avaient fait beaucoup de bruit pour pas grand-chose finalement. Ils reviendront plus nombreux, tout le monde en étaient convaincus. Mais au moins ce soir, personne n'avait tremblé chez soi. La confiance était encore présente.
Razvan comptait bien se délecter de l'espoir et des ambitions de chacun, pour y repenser devant les êtres brisés qu'ils deviendront bientôt.
Elle arpentait les rues étroites, se collant à chaque fenêtre pour voir l'état d'esprit général.
Il en découla que la plupart des citoyens dormait. Comme quoi, on finit par être blasé. Après tout, c'est vrai, ce ne sont que des zombies agressifs qui se jettent chaque nuit contre les parois métalliques d'une ville où règnent la rouille et la crasse...

Shukakuu se retourna sur son semblant de matelas, apparemment il avait du mal à trouver le sommeil. Il se mit sur le dos et regarda les ombres dansantes sur le mur. La lumière de la lune n'éclairait pas fort et ce fut un spectacle de noir sur gris qui s'offrit à lui. Il resta dans cette contemplation de longues minutes et peu à peu, la fatigue prenait le dessus sur ses sens alertes. Une ombre particulière se détacha de la masse et glissa sur le mur. Le dormeur n'y prêta pas attention, dans l'état endormi dans lequel il était, il en aurait été totalement incapable. Cette ombre s'agrandit et devint menaçante. Une silhouette clairement humaine se dessinait maintenant. Il repensa à une célèbre scène d'Hitchcock et son cœur s'emballa. Il tourna la tête juste à temps pour voir des mains et une tête se coller bruyamment à la fenêtre. Il fut incapable de crier et le seul son sortant de sa bouche fut une injure lorsqu'il reconnut Razvan. Lançant son sac à la fenêtre, il bondit vers la porte. Lorsqu'il l'ouvrit, il vit une ombre rejoindre les ténèbres, un petit rire à peine audible se perdant dans la nuit. Il grommela une insulte et claqua la porte.

A faire le tour des maisons, on remarque qu'il y a pléthore d'odeurs dans les différents quartiers de la ville. Que ce soit les habitants cuisinant des choses douteuses récupérées dans les maisons des morts ou les apprentis scientifiques combinant les produits pharmaceutiques pour fournir de puissantes drogues aux aventuriers en devenir, chaque maison possédait quelque chose de particulier.
Celle de Ragos plus les autres. Un musc léger qui faisait frémir le nez de l'errante.
Les fenêtres étaient badigeonnées d'une couche de crasse trop importante pour être percée. Elle s'avança donc vers la porte. Aucun système de verrous n'était apposé, comme sur la plupart des habitations.

La porte s'ouvrit en laissant s'échapper une vague de miasme putride.
Des giclées de liquide organique balafraient les murs, des lampes de chevets nageaient dans le vomi, un corps vaguement humains baignant dans sa gerbe était replié sur un matelas...pas de doute, il était mort d'une Infection.

- Bonjour Ragos...alors comme ça on a fait mumuse avec les zombies ?
Ragos sembla émettre un râle, les doigts de sa main droite remuèrent imperceptiblement.
Razvan pris le bout du matelas et commença à le trainer dehors. Son regard se perdit sur la cheville du mort, une morsure gonflées et rouge se démarquait du reste de la peau blême, strié du violet du sang qui commençait à se figer dans les veines.
- Vous devez être quelqu'un de bon...pour que ces créatures vous aiment tant...n'ayez crainte, je vous rends à eux...
A l'extérieur de la maison ce fut pire, elle essaya de plier le matelas de façon à porter le "cadavre" et éviter le frottement avec le sol. Elle s'y prit comme un manche et ses déplacements d'habitudes silencieux s'apparentaient actuellement à un concerto de matelas sur terre aride et rocailles divers.
- On y est presque...vous êtes vraiment bruyante comme personne...
Le duo passa les portes et s'enfonça dans la nuit.

Enfin, ils arrivèrent à un trou creusé sans doute par des explorateurs la veille. Un tas de sable à côté confirma l'hypothèse.
- Voilà, c'est un chouette trou hein ?
Ragos gargouilla.
- Oui...mais bon, tu vas pas faire le difficile...
D'un geste sec, elle jeta le matelas et son propriétaire dans la fosse.
Un cri de douleur perça cette fois clairement le voile du silence ambiant. Dommage qu'il n'y avait que l'erratique pour entendre.
Il baragouina des paroles incompréhensibles.
- Heu...oui oui, on lui dira...au revoir...
Puis elle renversa le tas de sable dans le trou, poignée après poignée.
Il aurait bien crié, il aurait bien puisé dans ses dernières forces, si la première poignée de sable n'était pas tombée dans sa bouche. Bientôt, il ne vit qu'un petit rond de ciel étoilé. Il aurait tout donné pour être sur une de ces lointaines étoiles...mais il ne possédait plus rien. Le noir total.


*
**


L'agitation avait pris la ville tôt dans l'après-midi du sixième jour. Un empoisonneur se terrait toujours parmi ce qu'il restait de citoyens, et un apprenti héros s'amusait à utiliser un lance-pile et mettre les piles broyées en banque. Les nerfs de la communauté étaient à vif et les estimations condensées dans le registre de la tour de guet n'ont fait qu'achever les Structures des Larmes de Sang.
Une horde de plus de 450 zombies allait déferler sur la faible muraille ce soir.

Déjà les premiers à avoir perdu la raison arpentaient les ruelles en appelant au chaos, invectivant les "chasseurs de picto". D'autres essayaient de maintenir un semblant d'ordre, en prévision d'une mince résistance qui se formerait après le carnage de ce soir. Selon eux, les survivants pourraient espérer tenir un jour ou deux de plus en améliorant les fixations de défenses et en augmentant l'épaisseur de la muraille. Bien sûr, tous ces espoirs pourraient être balayés par la simple volonté de la Horde qui grossissait à vu d'œil.
En bref, c'était une fin de ville classique. Une attaque trop forte, une communauté trop faible, divisée entre les rigolos inutiles trop nombreux et les vétérans salvateurs trop rares.

D'habitude, Razvan aurait visité chaque maisons, analysé chaque visage, se serait délectée de l'expression de frayeur et de désespoir de chaque citoyen. La fin de leurs vies aurait été une caresse au creux des reins qui l'aurait fait frissonner, avant que sa chair ne soit arrachée de ses os par une multitude de mains avides.
Mais pas cette fois ci.
Cette ville avait été très décevante. Elle ne s'était attachée à personne et ne ressentirait de frisson pour aucune vision de mort. Quelque part c'est ce qu'elle redoutait le plus. Un ennui total. Une indifférence à l'état pur.
Même la fiole qu'elle roulait entre ses doigts depuis quelques jours en attente de l'occasion à ne pas manquer ne la faisait plus rire. Son précieux liquide verdâtre, fruit d'un travail acharné de recherche et de chimie amoureuse, ne lui faisait plus pétiller les yeux comme au commencement. Surement à cause des amateurs ayant empoisonné à l'aveuglette, au mépris de l'utilité d'un tel geste. Pour une fois elle l'emportera surement avec elle dans son agonie.

Sa coalition était passée aux environs de 22 heures. Ils s'inquiétaient de ne pas l'avoir vu rôder depuis un moment. Elle ne trouva rien à leur répondre et partit s'installer aux portes, pour accomplir une dernière fois la seule chose qu'elle faisait à merveille, son office de minuit...

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MessageSujet: Re: Hordes   Mer 12 Aoû 2009 - 21:40

salut all Very Happy

j'espere que tout le monde va bien et que vous avez reussi vos diplômes Razz

ben okinawa je vois que tu fais toujours de beau et grand texte bien fait Smile

(bon j'ai pas encore commencer a lire car je suis de passage je le lirais quand j'auré du temps Wink )
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